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UN LAC INFRANCHISSABLE

j'envoyai dire au capitaine que s’il se trouvait dans limpossibilité de traverser, il revint sur ses pas avec tous les autres; que dans ce cas je l’enverrais, lui et Clark, avec leurs groupes chercher des ravitaillements. Les ressources dont je disposais ne me permettaient pas de nourrir tout ce monde ici pendant un temps indéfini.

Le capitaine et Clark se mirent en route avant midi avec sept traîneaux et je m'installai à leur place au bord du lac.

Comme, le 28, il continuait de s’élargir, j'envoyai le reconnaître du côté de l’ouest; il s’élargissait encore dans cette direction; et, à un moment donné, il se séparait en deux bras orientés l’un vers le nord-ouest, l’autre vers le sud-ouest.

Deux Esquimaux que j’envoyai vers l’est revinrent m’informer qu’il était également infranchissable dans cette direction et qu’ils s’étaient trouvés arrêtés par un bras de mer libre orienté vers le sud-est. Le lac s’élargissant sans cesse, la jeune glace n’avait pas le temps de se raffermir.

Dans la soirée, après quelques craquements précurseurs, la glace se rompit autour de nous avec un fracas terrible. L’igloo oscilla visiblement. En sortant, Je m'aperçus qu’une crevasse d’une douzaine de pieds de largeur s'était ouverte dans notre floe, à une petite distance vers le sud, et que nous nous trouvions ainsi séparés du massif principal. Le lendemain, le mouvement de la banquise cessa presque complètement.

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L’après-midi du 31, la jeune glace se forma sur le lac, qui avait acquis deux milles de large. Elle était sûre, mais 1l restait encore une zone centrale large d’une trentaine de mètres, au milieu de laquelle se trouvait un petit canal d’eau libre.

J'envoyai Henson avec un homme et le plus long des traîneaux sur la glace du côté de l’est. Il me dit en revenant que le chenal était en train de se rétrécir et de se ramifñer (un de ses bras était orienté vers le S.-E. magnétique).

L’après-midi, je fis tailler à travers la glace accidendentée qui bordait le chenal un passage pour les tratneaux leur permettant d'accéder à la Jeune glace. Cela nous permettait de nous remettre enfin en route dès que nous pourrions traverser le chenal.

Dimanche 1° avril. — Journée pour ainsi dire parfaite. Pas le moindre nuage au ciel, soleil radieux et relativement chaud.

C'était grand dommage d’être réduit à l’immobilité par un temps pareil, mais qu'y faire? D'ailleurs :l était impossible de se sentir abattu pendant que le soleil brillait ainsi. Dans le courant de la matinée, la partie centrale du lac se referma suffisamment pour qu’il fût possible de le traverser en marchant les jambes écartées à la façon de l’ours blanc. Par contre un mouvement vers l’est de la glace qui se trouvait plus au nord avait ouvert de l’autre côté du lac un canal d’environ 200 pieds de large, qui nous barrait impitoyablement le passage. La direction du courant était toujours

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