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MARCHE FACILE

quelques observations à l’aide de ma lunette méridienne. Impossible, cependant, de me servir encore de l’horizon artificiel. Mes observations me donnent 85° 12 de latitude. Comme longitude, nous ne nous trouvons que très peu à l’ouest de celle du navire, au cap Sheridan.

Je fais partir aussitôt Henson en avant, avec deux de ses hommes, Panikpah et Pewaktoo. Son troisième homme, Sipsu, et un des miens, Ahngodoblaho, retournent à la rencontre de Marvin, au cas où il se trouverait au nord du « Grand Lac ». S'ils ne le rencontrent pas, ils ont mission de rapporter les approvisionnements laissés dans la petite cache établie en deça de l” « Hudson ».

La tempête a heureusement rendu la marche plus facile. Partout où la neige n’a pas été enlevée complètement et les vieux f/oes mis à nu, elle a été durcie à souhait. Dans les zones de pression, les aspérités et les accidents de terrain disparaissent sous une couche épaisse de neige tassée et battue au point de pouvoir supporter le poids d’un mulet. La piste que nous traçons est beaucoup plus distincte qu’il y a six jours. Vers le nord, un immense ffoe s’étend à perte de vue.

Cette journée d’avril me rappelle étonnamment l’inlandsis du Groenland. Même ciel bleu, avec brise égale soufflant de l’O.-S.-O. et chassant le drift à ras du sol. Nous sommes enveloppés, pendant plusieurs heures, par une brume épaisse, occasionnée probablement par des canaux ouverts.

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