HISTORIENS DE LA GUERRE
se forme d'elle-même une image idéalisée que les citoyens “bn en leur inconscient et qui s'est construite peu à | peu au cours des siècles. Cette image embellie représente ce que la nation voudrait être, l'idéal qu'elle souhaiterait ; atteindre. Dans les périodes pathétiques elle tend quelque- fois par un noble effort à s’en rapprocher. Tout récit qui li renvoie d'elle ce reflet est déclaré vrai et tout homme qu réalise le type plus ou moins d approché de cet idéal est admiré sans réserve. [l semble donc que les nations déforment insensiblement leur histoire jusqu ‘à ce que celle-ci se rapproche de leur idéal, ou encore quelles transposent les hauts faits sur le plan légendaire où trône l'image embellie qu'elles se font d’ellesmêmes. C'est une application collective du mythe de la caverne de Platon, lequel sous une forme poétique a merveilleusement traduit un phénomène psychologique . constant, valable pour les particuhers et pour les peuples. 1 @ est ce qui explique que certains défauts nationaux sont exaltés au-dessus des plus solides qualités. L'homme qui incarne les défauts brillants de sa race est fatalement plus populaire que celui qui en incarne les aspects utiles Mangin et Pétain en fournissent une illustration parfaite. Vi Celui-ci qui est. avec Joffre et Foch, le grand ouvrier de la guerre, jouit d'un prestige personnel infiniment moins grand que le général intrépide dont le nom est synonyme id ‘offensive. de « furia francese ». Maurice Barrès, qui a recherché systématiquement à \ épuiser le contenu du concept français, s'est composé
de sa race une idée abstraite de cet ordre, qu'il a appuyée
7 om ne A MED Roc EU SA CS dd St Gén
de Paris CHE un adntibie mia de cet effort l'em bellissement auquel tend l'esprit national quand il tra verse les périodes héroïques de son existence. C est cela qui distingue probablement les temps sans histoire des à ( temps historiques, cette volonté de se hausser jusqu ai 1 l'idéal national. Îl faut qu'un grave péril, des circonstances exceptionnelles commandent l'attitude, car le reste à temps le fonds réel domine chez les individus. Mais à même dans de tels moments le plus grand nombre n'en : continue pas moins à obéir à la nature, à suivre li instinct 4 profond de la créature humaine amoureuse de la vie et. craintive de la mort. Parmi les romanciers de la guerre, ceux | qui n'ont fait que mettre sous forme romanesque leurs propres observations du champ de bataille, ont parfaitement il discerné en eux le mélange du moi individuel jailli de la
SE re
e Ti
et d'encouragement à ne mettre en lumière que ce dernier aspect. C'est pourquoi il fait moins figure d'historien
lation, il n'en faut Pt doute