LE PLAN XVII
‘que le monde a été à la mesure d'une main. Napoléon a
été le dernier et le plus personnel de nos génies. L'hu-
manité élargie du xx° siècle, où tous Les hommes sont libres, ‘aucune main n est assez forte pour la mener. Ce sont des
collectivités disciplinées, animées d’un esprit vraiment national et dépouillées de l'esprit de caste qui viendront à bout de l'énorme tâche, dans tous les pays. Mais que l'échelon le plus élevé joue au tyran, qu'il ne suive que
sa pensée, à la manière d'Alexandre ou de Napoléon, et
le fruit de la collaboration sera perdu. Encore ne faut-il pas qu une seule collectivité gouverne, à l'exclusion des autres, contre Jes autres, comme nous le verrons plus tard par l'exemple de l'Allemagne.
: Toute la première partie de la guerre nous montre Joffre et son entourage particulier, jouant au Napoléon. Vainement les collaborateurs essayent-ils de faire entendre leur voix et le désastre s'ensuit. La retraite de la Marne
arrive, après quels terribles avatars, a une fin assez heu-
? e A e reuse, parce qu un général lucide et entêté impose, sans
cesse, sa collaboration. Nous allons voir que la victoire . de la Marne ne sera gagnée que parce qu'un autre général, non moins lucide, imposera la sienne. Mais cette fois, » Joffre, instruit par l'expérience, Joffre qui rendu à sa . vraie nature, réalise ce type du Chef coordonnateur des . énergies, qui pense par les autres, aura le mérite de faire
sienne aussitôt, sans amour-Propre d'auteur, la suggestion d'un collaborateur éminent,