‹ Pneumonie Infantile et RadiologieChapitre 6 sur 42 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Ce fut le 7 décembre 1896 que le premier, croyonsnous, M. le professeur Bouchard présente à l’Acat démie des Sciences, la radiographie de trois malades atteints de pleurésie avec épanchement. On constate une opacité du côté de la lésion. Le 14 décembre, nou-

velle communication. Dans les trois pleurésies pré-

sentées le 7 décembre, le liquide s'est résorbé et l’opacité a fait place à une teinte claire chez deux des malades. Le sommet du poumon droit, chez le troisième malade, reste obscur. C’est la première radiographie d’un poumon tuberculeux. La voie est montrée, et à la suite du maître vénéré, les chercheurs y

pénètrent. Le 28 décembre 1896, troisième communi-

cation de M. le professeur Bouchard qui montre les services rendus par la radioscopie et la radiographie pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire au début, de l’adénopathie trachéo-bronchique, de l’ectopie cardiaque, de l’hypertrophie du cœur, des anévrismes de l'aorte. A la même séance, communication de

A Er M. Bergonié au sujet d'un kyste hydatique, d’une pleurésie ét d’un cas de tuberculose pulmonaire. Edward Stubbert, dans le Medical Record du 22 mai 1897, cite soixante-treize observations dans lesquelles la fluoroscopie a permis de déceler la tuberculose pulmonaire à ses différents stades.

Les travaux se multiplient, et, dans les bulletins de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, nous trouvons à la date du 25 Juin 1897 une communication de MM. Béclère, Oudin et Barthélemy, sur les applications de la méthode Rœntgen au diagnostic des affections thoraciques et, en parüsulier, des lésions de l'appareil respiratoire. Autre communication de M. Beclèré, le 19 et le 26 mai 1899, à la Société médicale des Hôpitaux de Paris.

C'est souvent, à dater de ce moment, que nous rencontrerons le nom du maître parisien, et nous aurons chaque fois l'occasion de constater, comme à Lyon, dans le service de M. le professeur Weil], quelle arme précieuse constituent les rayons X, entre les mains d’un médecin d'élite.

Dans son cours d'ouverture à l'Ecole pratique le

19 décembre 1897, M. Bonnet signale les différences d'intensité de l’opacité, suivant la nature des lésions dans la radioscopie du poumon. Jusque-là, les auteurs n'ont pas encore fait mention de la pneumonie. Francis Williams, le 16 avril 1898", signale l'ombre

! Williams, Some of the medical uses of the Roentgen rays (British medical Journal, n° du 16 avril 1898, t. MVI; London & Boston medical and Surgery Journal, n° du 13 juillet 1899 : X rays examinations inchildren. :

don ces dnità à à

épaisse tracée sur l'écran radioscopique par un foyer de pneumonie, et signaleen même temps, dans ce cas, la diminution d’étendue des mouvements du diaphragme. Dansle Boston Medical and Surgery Journal du 13 juillet 1899, l'auteur relate un cas où l'absence de signes pulmonaires et l'habitus du malade avaient fait porter le diagnostic de méningite cérébro-spinale. Dans une communication à un Congrès de médecins américains, 1l montre, et M. Béclère qui la rapporte est du même avis, que l'examen radioscopique pendant la convalescence de la pneumonie, après même la disparition de tous les signes d’auscultation et de percussion, permet de constater combien le poumon reste. encore longtemps imperméable aux Rœntgen, combien les lésions pneumoniques mettent de temps à se résoudre. Seul l'examen radioscopique permet de fixer le moment où la résolution est achevée, où le poumon a recouvré avec sa transparence son intégrité anatomique.

Dans un article du Journal de Clinique et de Thérapeulique infantiles, n° du 9 mars 1899’, MM. Variot et Chicotot signalent à propos d’un cas personnel, les inappréciables services rendus par la radioscopie au cours de pneumonies que l'examen clinique est : impuissant à révéler. Les auteurs expliquent cette mise en défaut par l'existence d'une pneumonie centrale, très contestable à notre avis.

1 Variot (G.) et Chicotot (G.), Foyer de preumonie centrale tout à fait inaccessible à la percussion et à l’auscultation chez une enfant de neuf ans et demi, décélé par l'examen radioscopique /Journ. de Clin. et de Thérap. infantiles, t, VI, 1899, n° du 9 mars, p. 151-153,

Th

Le 2 juin 1899, ces auteurs font à la Société médicale une communication intitulée : « Diagnostic de la pneumonie franche aiguë chez l'enfant par la radioscopie ». Ils concluent de l’ensemble des faits observés : 1° que la radioscopie est une méthode d'examen aisément applicable et sans inconvénient aucun àla pneumonie franche de l'enfant; 2° que les résultats fournis par cette méthode corroborent utilement le diagnostic lorsqu'il est porté cliniquement; 3° que la radioscopie dévoile des foyers pneumoniques non révélés par l’auscultation et la percussion. Dans ces circonstances, l'examen radioscopique permet de limiter avec une rare précision l'étendue de la densification du parer- À chyme pulmonaire, alors que l'examen clinique n’a même pas permis de supposer Le côté où elle siège. Iei encore, les auteurs retombent dans ce que nous croyons être une erreur, lorsqu'ils expliquent par l'existence de foyers pneumoniques centraux l'insuffisance des perceptions du toucher et de l’ouïe. Et l'observation d’un malade de M. Béclère, mentionnée dans la discussion que cette communication fit surgir, ne nous semble pas davantage convaincante. Le malade fut radioscopé après la défervescence, les signes de percussion et d’auscultation ayant fait défaut Jusqu'à ce moment sur l'écran : l’image du poumon droit présentait dans la région avoisinant le hile une opacité insolite de la dimension d’une pièce de 5 francs environ. La conclusion était : le malade atteint d'une pneumonie centrale imparfaitement résolue siégeant dans la profondeur du poumon droit au voisinage du hile. Après le nombre d'examens radioscopiques auxquels notre

LrRp ue

maître, M. le professeur Weill, et nous-même nous sommes livrés, nous croyons avoir le droit de dire que Jamais, au cours des pneumonies à pneumocoques complètes ou incomplètes, nous n'avons. constaté pareille localisation et pareille configuration de l'ombre radioscopique. Les triangles ou autres figures, de sommet, de partie moyenne, de base, commencent

toujours et sans exceplion à s’effacer dans leur portion “Ja plus interne, la plus rapprochée du hile. Pareille opacité interne, exiguë et arrondie, s’observe au contraire, dans d’autres pneumopathies, et sert même à indiquer qu'il ne s'agit point de pneumonie franche. Erreur bien explicable à l'époque où les maîtres dont nous rappelons les travaux préparaient les travaux qui suivirent.

M. Variot complétait ses précédentes recherches en apportant, avec M. Chicotot, à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, dans sa séance du 22 décembre 1899, des remarques sur le diagnostic différentiel par la radioscopie de la broncho-pneumonie et de la pneumonie franche chez l'enfant. D’après ces auteurs, dans la broncho-pneumonie, les signes radioscopiques sont délicats à relever, mais positifs, Les ombres s’appréciant par contraste avec la transparence d'un champ symétrique, le fait que cette transparence de l’un et l'autre poumon est diminuée légèrement rend la dimi-

Cr Vario et G. Chicotot, Remarques sur la radioscopie des organes thoraciques et observalions radioscopiques pour servir au é diagnostic différentiel de la broncho-pneumonie et de la pneumonie ‘ franche chez l'enfant (Bulletins et Mémoires Société médicale des Hôpitaux de Paris, année 1899, séance du 22 décembre, p. 989-998).

nution difficile à percevoir. Cependant, cette atténuation de la clarté pulmonaire normale prédominerait du côté où les lésions sont plus confluentes, plus avancées. Les bords de l'ombre radioscopique du cœur seraient indistincts. Le gros fait, en somme, c’est qu'il n'y a pas d’opacité nulle part. Les zones où *se perçoivent du souffle, des bouffées de rôles souscripitants, n’en donnent pas. À remarquer qu'à l’époque dont nous parlons (1899), l’instrumentation manque de tubes donnant de fortes oppositions d’ombre et de lumière. Les auteurs affirment que l'ombre radioscopique du foyer de pneumonie siège dans la région où l'on constate non seulement la matité par la percussion, mais encore le souffle tubaire et les râles crépitants par l’auscultation. |

Notre maître, M. le professeur Weill, a établi depuis qu'il fallait distinguer dans la lésion la zone d'hépatisation ou de densification extrême du parenchyme, révélée par la matité, par le silence ou par l’obscurité respiratoire, et, en second lieu, la zone périphérique par laquelle le foyer s'étend ou regresse, la zone de perthepatisation si l’on veut, siège de tous les signes bruyants d’auscultation. Nous aurons l’occasion d'y revenir plus loin. Mais, disons-le dès maintenant : ainsi sexplique que, dans la broncho-pneumonie, et même en tenant compte de la luminosité due à l'emphysème réactionnel des régions environnantes, les foyers de râles et de souffle les plus étendus, même les foyers pseudo-lobaires, ne donnent à l'écran aucune ombre digne de ce nom. La précipitaüon de la fibrine intraalvoléairé non seulement est

Page 1