‹ Pneumonie Infantile et RadiologieChapitre 7 sur 42 · ES · texte numérisé non relu

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loin d'atteindre l'abondance qu'elle atteint dans la pneumonie franche, dans « la lésion aiguë d'un seul tenant causée par le pneumocoque- sous certaines conditions d’invasion, de réaction de terrain, de virulence »; mais l’état biochimique de cette fibrine au sein du noyau broncho-pneumonique est beaucoup plus voisin selon toute vraisemblance de celui qu’elle revêt dans la zone d'engouement circonscrivant le foyer hépatisé que de celui qu’elle contracte dans un foyer d'hépatisation rouge AUS

A la séance du 11 janvier 1901 !,G. Variot et G. Chicotot présentent de nouvelles A ne pour servir au diagnostic de la pneumonie franche chez l'enfant

par la radioscopie. Ils insistent sur leurs remarques

antérieures et y ajoutent celle-ci : que la percussion ne fixe pas la limite du foyer densifié, surtout quand il n’affleure qu'en un point circonscrit et reste masqué par une courbe de parenchyme sain dans une grande étendue. La radioscopie seule est susceptible de déterminer exactement les dimensions de la zone hépatisée. Dans la discussion s’évoque une opinion, celle de M. Barth, avant-coureuse des faits acquis par les travaux de M. le professeur Edm. Weill. « Sauf en cas de pneumonie très légère, dit M. Barth, l’hépatisation finit toujours par atteindre un point de la surface. » La même année, 1901, Maragliano et Caffarena

1 G. Variot et G. Chicotot, Nouvelles observations pour servir au diagnostic de la pneumonie franche chez l'enfant par la radioscopie (Bulletins et Mémoires Société médicale des Hôpitaux de Paris, année 1901, Séance du 11 janvier, p. 12-17).

2 Maragliano et Caffarena, la radioscopia nei pulmonitici (Gazz d'Osp., Milano, 1901, XXII, 473-475).

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arrivent aux mêmes résultats et aux mêmes interprétations que celles données par M. Béclère deux ans auparavant. Ils attachent une certaine importance à la diminution dans le mouvement d’abaissement inspiratoire du diaphragme. Mais il est bientôt établi que ce symptôme se rencontre dans d’autres affections, la tuberculose notamment. î

En 1904 paraît le précis de M. Béclère dans la Bibliothèque des Actualités médicales ‘. Nous y trouvons la première ébauche d’un diagnostic radiologique différentiel entre la pneumonie franche et d'autres lésions aboutissant à une condensation pulmonaire. La broncho-pneumonie ne donne pas d'ombre. L'infarctus pulmonaire « est difficile à déceler à cause de sa proximité du bord des poumons ». Il est intéressant de rapprocher de ceci ce qu'écrit le maître lyonnais, M. Barjon, en 1914, à propos de l’infarctus : « Contrairement à ce que tendrait à faire soupçonner l'aspect anatomique de la lésion, cette ombre n'est pas très opaque. Elle ne présente pas de contours nettement arrêtés. Elle n’a pas la forme triangulaire franche. ne saurait être confondue avec le triangle pneumonique dont elle n'a ni l'aspect, ni l'intensité, ni la situation. Il s’agit d'une tache floue, à contours estompés, située en plein champ pulmonaire, mais dans la partie inférieure de ce champ. Cet aspect flou de l'infarctus tient à la zone inflammatoire qui l’environne. Sur les radiographies le contour de l'infarctus est un peu plus

1 À. Béclère, les rayons Ræntgen et le diagnostic des maladies - internes {Bibliothèque des Actualités médicales, librairie Baillière,

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PRE nettement visible, mais l'ombre reste péu opaque, à moins qu'il ne s'agisse d’un infarctus très étendu ‘. » Laconfiguration sur l'écran du foyer d'hépatisation au cours de la pneumonie franche de l'enfant tout au moins, la configuration anatomique de l'infarctus et sa si plausible pathogénie inflammatoire invitaient les radiologues à chercher une parenté de forme entre les deux lésions. Cette parenté est très lointaine si elle existe ; nous le notons dès maintenant.

EnAllemagne, Benedikt?, Assmann*, Hasschwanker el Bruegel*, Grüdel®, dans leurs écrits de radiologie anatomique et clinique, n'avaient pas envisagé la question de la pneumonie. La priorité y appartient à Rieder® qui, examinant vingt cas de fluxion de poitrine (?), conclut de ses observations que l’examen des malades à l'écran peut montrer des parties hépatisées dans des régions du poumon où la percussion est négative. Il peut arriver que les rayons X décèlent la pneumonie un certain temps déjà avant l’auscultation et la percussion. Le travail Le plus considérable est celui de

1 Barjon, Radiodiagnostic des- affections : pleuro-pulmonaires, Masson, 1916,

2? Benedikt, Applications médicales des rayons Rôntgen /{Berliner klinische Woche, 26 juillet 1898.

3 Assmann, Das analomische Gubslrat der normale Lunge schasse in Rôntgenbilde Fortschritte, Band XVII, r91r,.p. 141.

# Hasschwanker et Bruegel, Anafomische Beitrage zur Frage nach der Lungenstructur in Rüntgenbilde Fortschritte a. d. Gebiete der Rontgenstrahlen, Band XVIE, 19714, p. 9.

5 Grôdel, Das Thorax bild bei zentrischer und excentrischer Rôntgen projection Fortschrilte, Band XX, 1913, p. 541.

6 Rieder, Ueber den Wert der Thorax Durchleuchtung bei der . Pneumonie namentlich bei zentraler Lokalisation /Münchener medizinische Wochenschrift, 1906).

R. von Jaksch et H. Rotky! : ayant observé trois cents pneumoniques environ, ils arrivent aux mêmes conclusions que Rieder. Ils prétendent avoir noté la résolution sous forme d’un éclaircissement débutant au centre de l’hépatisation ou souvent aussi en d’autres points. Quelques fois elle se montre d'emblée générale et diffuse. L’éclaircissement peut se produire alors que les symptômes habituels assignés par la clinique à la résolution du foyer manquent encore totalement. D'ailleurs, les ombres pneumoniques persistent affaiblies un certain temps après que les signes de résolution se sont manmifestés. L'instraumentation employée par les auteurs n’est peut-être pas à cette date (1909) encore + très parfaite ou leur technique bien assise. Toujours est-il que, selon eux, les diverses sortes évolutives de pneumonies ne peuvent être distinguées par l'examen aux rayons X. « L'ombre qu’elles produisent n’est jamais très foncée et ses limites ne sont guère tranchées. » Cependant : « la pneumonie lobaire débute au hile et s’étend de là vers la périphérie. Si sa progression s'arrête, on a des pneumonies centrales que souvent les rayons X seuls permettent de reconnaître. » M. Cluzet? a trouvé postérieurement dans deux observations de ces auteurs une ombre en coin de base axillaire ou claviculaire, mais von Jaksch et Rotky n’en ont pas tiré parti.

1 R. von Jaksch et H. Rotky, Die Pneumonie im Rôntgenbilde ‘mit 59 Rôntgenbilder auf 10 Tafeln, und 10 Rizzenblättern, Hamburg, Lucas Gräfe und Hillen, 1909.

? Cluzet, Communication orale {Société médicale des Hôpitaux, Lyon, séance 3 décembre 1912).

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J. Bittner ! relate un cas d’hépatisation aiguë du lobe inférieur gauche. Quelques jours avant la mort, l’examen à l'écran fit reconnaître l’envahissement du lobe moyen du poumon droit, alors que de ce côté tous les autres signes physiques faisaient défaut. L’autopsie confirma le diagnostic radiologique.

Dans les travaux de von Dehn?, *, d'Otsen', publiés dans les Fortschritte des Rontgenstrahlen, nous n'avons rien relevé qui nous intéressât.

C'est à dessein que nous nous sommes étendus sur nos recherches de bibliographie allemande. Nous n'étions pas engagés à imiter la conduite que les médecins d’outre-Rhin suivent si souvent vis-à-vis de leurs confrères français. Incorrecte au premier chef, et l’on aurait tort de s'en étonner, elle a pour résultat le plus habituel de nuire à leurs travaux en les privant de toute une série de notions que nous avons élé les seuls à acquérir dans toutes les branches de la science médicale, et qu'ils continuent d'ignorer, ou d’affecter d'ignorer en les réinventant pour leur usage. Dans l'espèce, on ne saurait nous taxer de l'esprit de clocher, si nous affirmons une chose bien sue de tous les gens sans parti pris. C'est à l’école française, et dans l’école française

1 J. Bittner, Beitrag zur Rontgendiagnose bei Pneumonie (Prager medicinische Wochenschrifl, 1910, n° 26).

? Von Dehn, Kur kasuischte der Lungeninduration {Fortschrille . a. d. gebiete der Rontgenstrahlen, 1910, Band XV, $ 301.

3 Von Dehn, Zur Frage der Tuberkulosen Lüngen affectionen (Rônigenbilde und ihrer anatomischen Gründlage Fortschrilte, Band XVI, 1910-1911, $ 360.

4 Otsen (N.), Rôntgendiagnose der Lungenzischwutste Fortschritte, 1910, Band, XV, $ 26.

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