‹ Poésies compleÌ€tesChapitre 12 sur 48 · AUTEUR DE CLYTEMNESTRE ET DE SAUL · texte numérisé non relu

AUTEUR DE CLYTEMNESTRE ET DE SAUL

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* Voyez, en esprit, ces blessures : l’esprit, quand on dort, a des yeux, et, quand on veille, il est aveugle. * Eschyle.

« Déjà, mon jeune époux? Quoi! Taube parait-elle?

Non ; la lumière, au fond de l’albâtre, étincelle Blanche et pure, et suspend son jour mystérieux;

La nuit règne profonde et noire dans les deux.

Vois, le clepsydre encor n’a pas versé trois heures;

Dors près de ta Néra, sous nos chastes demeures;

Viens, dors près de mon sein. » Mais lui, furtif et lent.

Descend du lit d’ivoire et d’or étincelant.

Il va, d’un pied prudent, chercher la lampe errante, Dont il garde les feux dans sa main transparente.

Son corps blanc est sans voile, il marche pas à pas, L’œil ouvert, immobile, et murmurant tout bas :

« Je la vois, la parjure I... Interrompez vos fêtes.

Aux mânes un autel... des cyprès sur vos têtes... Ouvrez, ouvrez la tombe... Allons... Qui descendra? Cependant, à genoux et tremblante, Néra^

Ses blonds cheveux épars, se traîne. « Arrête, écoute^ Arrête, ami ! les dieux te poursuivent, sans doute ;

Au nom de la pitié, tourne tes yeux sur moi ;

Vois, c’est moi, ton épouse en larmes devant toi ;

Mais tu fuis; par tes cris ma voix est étouffée I Phœbé, pardonnez-lui; pardonnez-lui, Morphée. ^

« J’irai... je frapperai... le glaive est dans ma main; Tous les deux... Pollion... c’est un jeuneP<>';aain...

Il ne résiste pas. Dieux I qu’il est faible encore!

D’un blond duvet sa joue à peine se décore.

L’amour a couronné ce luxe éblouissant...

Écartez ce manteau, je ne vois pas 1? sang.

Lj;. somnambule

Mais elle : « O mon amant I compagnon de ma vie I Des foyers maternels si ton char m’a ravie Tremblante mais complice, et si nos vœux sacrés Ont fait luire à l’Hymen des feux prématurés,

Par cette sainte amour nouvellement jurée,

Par Tantique Vesta, par l’immortelle Rhée Dont j’embrasse l’autel, jamais nulle autre ardeur De mes pieux serments n’altéra la candeur :

Non, jamais Pénélope, à l’aiguille pudique,

Plus chaste n’a vécu sous la foi domestique.

Pollion, quel est* il? — Je tiens tes longs cheveux...

Je dédaigne tes pleurs et tes tardifs aveux,

Corinne, tu mourras... — Ce n’est pas moi! Ma mère,

11 ne m’a point aimée! Oh! ta sainte colère A comme un Dieu vengeur poursuivi nos amours !

Que n’ai-je cru ma mère, et ses prudents discours?

Je ne détoukne plus ta sacrilège épée;

Tiens, frappe, j’ai vécu puisque tu m’as trompée...

Ah! cruel!... mon sang coule!... Ah! reçois mes adieux; Puisses-tu ne jamais t’éveiller! — Justes dieux ! »

Écrit en 1819.

LA DRYADE

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