‹ Poésies compleÌ€tesChapitre 34 sur 48 · LA CG.LERE DE S AM S ON · texte numérisé non relu

LA CG.LERE DE S AM S ON

Entre la bontë d’Homme et la ruse de Femme,

Car la femme est un être impur de corps et d’âme.

» L’Homme a toujours besoin de caresse et d’amour, Sa mère l’en abreuve alors qu’il vient au jour,

Et ce bras le premier l’engourdit, le balance Et lui donne un désir d’amour et d’indolence.

Troublé dans l’action, troublé dans le dessein,

Il rêvera partout à la chaleur du sein.

Aux chansons de la nuit, aux baisers de l’aurore^

A la lèvre de feu que sa lèvre dévore,

Aux cheveux dénoués qui roulent sur son front,

Et les regrets du lit, en marchant, le suivront.

11 ira dans la ville, et, là, les vierges folles Le prendront dans leurs lacs aux première paroles. Plus fort il sera né, mieux il sera vaincu,

Car plus le fleuve est grand et plus il est ému.

Quand le combat que Dieu fit pour la créature Et contre son semblable et contre la nature Force^l’Homme à chercher un sein où reposer,

Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser* Mais il n’a pas encor fini toute sa tâche :

Vient un autre combat plus secret, traître et lâche; Bous son bras, sur son cœur'^se livre celui-là;

Et, plus ou moins, la Femme est toujours Dalila.

25« rOESlES COMPLÈTES D ALFRED DE VIGNY

Elle rit et triomphe ; en sa froideur savante,

Au mdieu de ses sœurs elle attend et se vante De ne rien éprouver des atteintes du feu.

A sa plus belle amie elle en a fait Taveu 2 Elle se fait aimer sans aimer elle-même;

Un maître lui fait peur. C’est le plaisir qu’elle aime; L’Homme est rude et le prend sans savoir le donner.

Un sacrifice illustre et fait pour étonner Rehausse mieux que l’or, aux yeux de ses pareilles,

La beauté qui produit tant d’étranges merveilles Et d’un sang précieux sait arroser ses pas.

— Donc, ce que j’ai voulu, Seigneur, n’existe pasi — Celle a qui va l’amour et de qui vient la vie.

Celle-là, par orgueil, se fait notre ennemie.

La Femme est, à présent, pire que dans ces temps Où, voyant les humains. Dieu dit : « Je me repensi » Bientôt, se retirant dans un hideux royaume,

La femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome;

Et, se jetant, de loin, un regard irrité.

Les deux sexes mourront chacun de son côté.

» Éternel I Dieu des forts! vous savez que mon âme N’avait pour aliment que l’amour d’une femme. Puisant dans l’amour seul plus de mainte vigueur Que mes cheveux divins n’en donnaient à mon cœur. — Jugez-nou&. — La voilà sur mes pieds endormie. Trois fois elle a vendu mes secrets et ma vie,

Page 1