SOS
Leurs yeux craignent le jour quand sa lumière pâle Trois fois dans une année éclaire leur pâleur. Comme pour les agneaux la brebis et le mâle Sont parqués à la fois par le mauvais pasteur.
La mère eût bien voulu qu’on leur apprît à lire, Puisqu’ils portaient le nom des princes de l’empire Et n’ont rien fait encor qui blesse l’empereur.
Un jour de fête, on a demandé cette grâce Au czar toujours affable et clément souverain, Lorsqu’au front des soldats seul il passe et repasse. Après dix ans d’attente, il répondit enfin :
« Un esclave a besoin d’un marteau, non d’un livre La lecture est fatale à ceux-là qui, pour vivre. Doivent avoir bon bras pour gagner un bon pain.
WANDA
Ce mot fut un couteau pour le cœur de la mère; Avant qu’il ne fût dit, quand s’asseyait ma sœur,
Ses larmes sillonnaient la neige sur la terre.
Tombant devant ses pieds, non sans quelque douceur. Mais, aujourd’hui, sans pleurs, elle passe l’année A regarder ses fils d’une vue étonnée ;
Ses yeux secs sont glacés d’épouvante et d’horreur I