L'HIRONDELLE DU TROUBADOUR
Oiseau de longue connaissance ,
Ah! dis-moi, quand reviendras tu Me ranimer par ta présence ?
Je suis , hélas ! de ton absence Tout abattu.
Tu sais combien ma joie éclate , Quand tu reparais sous nos cieux , Quand l’anneau d’étoffe écarlate ,
Qui ceint ta jambe délicate ,
Brille 'a mes yeux ;
Nul autre mortel , je t’assure ,
Ne t’offrira meilleur destin ;
J’étais presque de ta nature ,
Nous partageons même toiture Et même pain.
Quand la naïve damoiseüe ,
Du doigt indiquait notre tour,
L UiRONDLLLE Dl TRülBADOl'R.
GO
La-haut demeure, disait-elle,
Et chante avec son hirondelle Le troubadour.
Tour te recevoir , ma fenêtre Est toujours ouverte a demi ;
Qui peut t’empêcher d'y paraître ?
Crains-tu de retrouver un maître Dans ton ami?
Non , lu ne m es pas inGdêle :
Les serres d un cruel vautour T’auront d’une étreinte mortelle Surprise, o ma pauvre hirondelle!
A ton retour.
Ou volant à perdre courage ,
Pour traverser d’immenses eaux , Sur quelque perfide équipage As-tu rencontré l'esclavage Tour le repos !