PROMENADE SUR MER
A dit à mon oreille un esprit généreux.
Ainsi de notre vie , en ce secret asile ,
Le cours s’achèverait transparent et tranquille ;
Dans le sein du bonheurnous nous verrions vieillir : La mort meme , la mort ne viendrait nous cueillir Que comme un fruit mûri dans la saison d’automne ; Non pas dans l’appareil que la terreur lui donne , Mais calme et revêtant la fraîche majesté De la nuit qui descend sur un beau jour d’été.
Mais je parle du ciel , et la terre m’appelle ,
Les tours de la cité sonnent l’heure cruelle Ou ton père inflexible a fixé ton retour.
Ah î quand le temps se sert des ailes de l’amour , Sur les pauvres humains comme il passe rapide ! Déjà l’esquif par toi se détourne et me guide Vers ces murs dont le bruit commence à me saisir , Et que j’avais laissés avec tant do plaisir.