‹ PoésiesChapitre 42 sur 57 · A LA MEK · texte numérisé non relu

A LA MEK

il survient de ces bruits inattendus et vagues ;

Quand le vent pousse au bord les lointaines rumeurs Qu’il dérobe en passant a la voix des rameurs ,

Alors que , recourbés et relevés ensemble ,

A la lueur du soir qui s’enfuit et qui tremble ,

Sur ton miroir mouvant , pour charmer leur ennui, Ils livrent leurs chansons aux brises de la nuit ; Lorsque sans murmurer s’abaissant au rivage ,

Le flot humilié reconnaît son servage :

Et semble se traîner sur ton sable riant ,

Comme un esclave aux pieds d’un roi de l’Orient ; Quand d’un profond sommeil dort ton onde aplatie , Ainsi qu’un peuple heureux , en sa douce apathie , Qui ne s'expose point a de grands désarrois ,

Et laisse prolonger le règne de ses rois

Mais surtout quand le vent du midi sur la plage D’un sinistre frisson agitant le feuillage ?

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