‹ PoésiesChapitre 43 sur 57 · A L A ME II · texte numérisé non relu

A L A ME II

Fait hâter le retour du pêcheur dans le port ,

Et chercher aux oiseaux les retraites du bord ; Lorsque de l’horizon des nuages livides ,

Que sillonne l’éclair de ses lueurs rapides,

Monlent, et dans les airs pendent en noirs lam! eaux , Ou traversent le ciel comme de grands corbeaux ; Quand de la foudre au loin le murmure sublime ,

Et des eaux et des cieux émeut le double abîme , Quand tout bruit, tout aspect, indiquent l’ouragan, Qne chacun de tes flots devient plus arrogant ,

Et d’instant en instant augmente son écume ,

Comme un ardent coursier dont le courroux s’allume, Impatient d’offrir son poitrail effaré Aux dards étincelans du bataillon carré.

Lorsque sur tous les points la tempête est maîtresse , Qu’un vaisseau tire au loin le canon de détresse ,

Les mâts, comme un roseau, sont penchés par les vents, La voilure n'est plus que des lambeaux mouvans ,

Sa carène s’épuise en efforts inutiles ;

Comme Laocoon sous les nœuds des reptiles,

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