‹ PoésiesChapitre 7 sur 57 · LE GENIE · texte numérisé non relu

LE GENIE

Et couvre en souriant un glorieux mystère Dans un berceau mouillé de pleurs !

C'est Homère endormi , qu'une esclave sans maître Réchauffe de son seul amour;

C’est un enfant chassé de l'ombre de son hêtre ,

Qui pleure les chevreaux que ses pas menaient paître, Et qui sera Virgile un jour !

C’est Moïse flottant dans un berceau fragile ,

Sur londe, au hasard des eourans.

Que l’éclair du Sina visite entre cent mille ,

Pendant qu’il fend le marbre ou qu’il pétrit l’argile Pour la tombe de ses tyrans.

Ainsi l’instinct caché dans la nature entière ,

Mûrit pour l’immortalité

La perle au fond des mers , l’or au sein de la pierre ,

Le diamant dans Pombre où languit sa lumière ,

La gloire dans l’obscurité !

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