PERSONNAGES EMBLÉMATIQUES
LA GARDIENNE
LE MAÎTRE
LES DEUX FRÈRES d'aRMES»
Une antique forêt, snr une colline, environne un vieux manoir en ruines parmi d'incultes jardins.
Un seuil de pierre exhausse une lourde porte disjointe et close.
Le Maître sort de l'un des sentiers de la forêt, soutenu par ses Frèies d'armes.
Le soleil décline derrière les arbres ; il effleure de jaunissantes cimes et les toits du Manoir.
LE MAITRE
0 forêts, belles de solitaires automnes!
Mon enfance a tressé vos feuilles en couronnes
Et vous avez grandi sur l'oubli de mes pas,
Hélas !
Et vous avez vieilli d'aurores et d'automnes,
0 retour, ô tristesse, ô soir I
Comme les sentiers sont noirs
Qui mènent vers le vieux manoir ;
Les herbes et les fleurs sont mortes
Sous le feuillage des branches trop fortes,
La mousse ronge les écorces
Gomme la rouille les claires lames torses,
Comme le temps les beaux Espoirs.
0 tristesse, ô soir !
l'un des frères d'armes
Seigneur^ voici^ parmi les arbres.
Le vieux château que vous voulûtes
Revoir, à cette heure de fièvre et de larmes
Où vos glorieuses blessures saignaient sur vos armes.
TEL qu'en songe 195
Alors qu'en votre Ame,
Ainsi que des clairons se taisent à la flûte
D'un pâtre parmi son troupeau qui broute et bêle,
Des songes tressaillirent où se renouvelle,
Avec ses soirs mornes et ses aubes belles,
Tout le passé muet que l'angoisse interpelle.
Voici le vieux château de ciment et de marbre,
En sa douceur d'abandonné,
Parmi le jardin sans arbres,
Et ses murs vétustés et frustes
Et les guirlandes du portail et les volutes.
LE MAITRE
Merci, au nom du seuil où vous m'avez mené.
Le Passé, c'est le soir derrière la forêt
Et la mer par delà les plaines, les landes, les grèves;
C'est l'ombre où l'oiseau disparaît
Qui saigna d'une flèche à l'aile.
Pour avoir plané sur les piques, les arcs et les glaives.
Merci, frères, vos pas m'ont rouvert la forêt
Et mon âme est rentrée en le lieu de ses rêves.
Il s'avance de quelques pas. Les Frères d'Armes le considèrent et alternent à mi-yoïx.