‹ Poèmes, 1887-1892;Chapitre 20 sur 20 · LA MAIN TENTEE · texte numérisé non relu

LA MAIN TENTEE

Toute la main s*appuîe oîsîve sur la table Dont le marbre miroite en apparence d'eau Où semble la Nuit même et son ciel véritable,

La SYelte main se crispe et son geste est si beau D'un désir sans contact qui l'énervé qu'on songe A de tels doigts la clé, la palme ou le flambeau.

L'onyx des ongles purs sur le marbre s'allonge Vers une verrerie ample et debout en la Spirale d'un serpent qui l'entoure et la ronge.

TEL qu'en songe 265

Le Temps pernicieux de son aile fêla

La panse obèse et grave, et le col qui s'écorne

Fusèle son cristal qu'une dent morcela.

Quel philtre énigmatique, acariâtre et morne, Corrode, expiatoire en ce vase^ ou votif, La tige du bouquet qui le surmonte et l'orne?

Tiges à qui surcroît un feuillage naïf, L'Amour avec la Mort en sa fleur rose ou noire; S'allégorise aussi de romarin ou d'if.

La main s'est détendue inerte. Tout se moire; Le marbre est plus profond de son obscurité. Le Vivant, plus hautain du haut de quelque gloire.

Qui reposa enfin avec sécurité

De par son abstinence et par sa lassitude

Son geste sur la table où la fleur l'a tenté,

Le Vivant, patisfait avec la solitude

Jusqu'à ne boire au vase où le serpent se tord,

Semble être dans la Nuit l'exemple et l'attitude

D'un Frère intérieur que tu n'es pas encor.

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