Poèmes, 1911-1918
On vit donc ainsi des années, Entre des murs, parmi des choses Qui sont rangfées.
Les pas vont du lit à la table, Les pas vont de la porte aux chaises Et rien ne bouj^e.
On s'assied à la même place ; On regarde le temps qu'il l'ail, Et les jours passent.
On vit d'avance : on a déjà Suce tous les fruits de septembre Avant l'été,
Et quand l'été qu'on attendait Luit aux vitres, déjà l'on son^^e Au proche hiver.
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O pauvre cœur insatisfait, Iloiiiine trouble, que faudrait-il A ton bonheur?
Vois, une âme est là qui demeure, Le monde gonfle chaque objet.
Tu n'es pas seul.
Tu sais la force qui anime Et le secret qui transfigure Tu es le maitre.
Tu possèdes plus de trésors Que le fond fabuleux des mers, Puisque d'ici.
Tu peux faire à ton gré tenir Dans ce vase ou cette seconde Tout l'infini.
Que t'importent l'ombre et la pluie ?
Qu'importe au dieu qui loge en toi Le temps qui fuit ?
Me diras-tu, ô toi qui règnes Sur un empire sans frontières Et sans hasards ;
Me (liras-lu, toi qui ne crains Ni les hommes, ni les destins, Ni l'infortune ;
Me diras-tu, toi qui domines L'univers dont tu fais le tour ; Toi qui détiens
Plus de sag^esse et plus d'amour Qu'il n'en faudrait pour le bonheur Des malheureux ;
Toi qui te tais, toi qui regardes, Me diras-tu pourquoi tes yeux Sont pleins de larmes?...