‹ PoëmesChapitre 106 sur 136 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Tu demandes pour qui, sous leurs plumes nouvelles.

Ces vers, oiseaux naissants, volaient, chantaient en chœur?

Ce n'est que sur ton sein qu'ils ont plojé leurs ailes.

Jamais ils n'ont souffert un œil profanateur.

Ingrate, pour toi seule ils veulent apparaître.

Ils sont nés d'un soupir, de tes baisers peut-être,

Et, comme ton image, ils dormaient dans mon cœur!

Si tu le veux, pour toi solitaire et dans l'ombre. Ils chanteront tout bas, et ton sein agité Couvrira comme un nid leur essaim doux et sombre. Mais n'aimes-tu pas mieux, orgueilleuse beauté. Leur donner l'essor libre et le ciel, leur empire, Suivre de tes grands jeux leur passage, et te dire : « Mon nom avec l'amour sous leur aile est caché » ?

Une visite à l'Institution des Sourds-Muets est-elle le point de départ de ces alexandrins, rapportés au mois d'août 1839?

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