PALEUR
Lorsque sur ton beau front riait l'adolescence, Lorsqu'elle rougissait sur tes lèvres de feu, Lorsque ta joue en fleur célébrait ta croissance, Quand la vie et l'amour ne te semblaient qu'un jeu;
Lorsqu'on voyait encor grandir ta svelte taille
Et la Muse germer dans tes regards d'azur;
Quand tes deux beaux bras nus pressaient la blonde écaille
Dans la blonde forêt de tes cheveux d'or pur;
Quand des rires d'enfant vibraient dans ta poitrine Et soulevaient ton sein sans agiter ton cœur. Tu n'étais pas si belle en ce temps-là, Delphine, Que depuis ton air triste et depuis ta pâleur!
C'est encore à une femme (M"' Holmes?) que le poète adresse des vers datés, dans le Journal, de décembre 18^0 :