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A JULES DE RESSÉGUIER

Quatre vers heureux tombés de votre aile Quatre fois par jour disent leur chanson. L'heure de l'oiseau que l'aurore appelle Et l'heure où l'aiguière attend l'échanson.

L'heure où l'écolier quitte sa leçon, L'heure où le poète entend Philomèle.

Ces quatre moments, sur un air très doux, Ecoutent chanter quatre vers de vous.

Mais ni l'oiseau bleu, niché dans les arbres. Ni l'humble échanson qui lave un cristal. Ni l'écolier blond couché sur les marbres. Ni le rêveur calme, au rêve inégal.

Ne verront passer au son des quatre heures Sur nos escaliers et dans nos demeures Un ami joyeux d'un temps que j'aimais.

Un ami charmant qu'on ne voit jamais.

Mercredi 27 avril 1845.

3 s 6 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

Le 2 septembre 1855, Vigny dédie à M"°° Ristori, ia grande tragédienne italienne — à qui Lamartine, en août, vient d'adresser une pièce de vers enthousiaste — ces quelques lignes qui font allusion au passage fameux du XXXIII' chant de l'Enfer en même temps qu'au grand succès de l'actrice :

A MADAME RISTORI après la représentation de Myrrha.

Myrrlia nous a pris tous dans sa large ceinture Sanglante et dénouée. — Elle apparut ici Comme la Passion brûlant dans la Sculpture. — Le livre de la Bible eût dit de vous ainsi. —

La France s'est levée, elle vous a louée Comme la femme forte , heureuse et dévouée , Fille du beau pays où résonne le si !

Attribuera-t-on enfin la date du 13 décembre 1860 à ces vers d'occasion, extraits par Spoelberch de Lovenjoul du Forez littéraire et artistique? La traduction d'Horace par Janin et son anniversaire peuvent suggérer cette date.

A JULES JANIN ( Pour le jour de sa fête ).

Merci, mon cher poète, à ton fifre charmant; Harmonieu.\ et tendre, il captivait mon âme, Les flots n'ont pas nojé tes sons, et l'Océan Ne les a pas couverts d'une oublieuse lame. Comme un parfum de fleurs, comme un aimable encens, Us sont montés, pieux, vers ia céleste voûte. D'illustres morts suivaient tes rêves et tes chants. Béranger te sourit, Chateaubriand t'ccoute.

Et moi je viens, l'un des derniers.

Près de ces noms prendre ma place.

Je te couronne de lauriers Q.ue pour toi m'a remis Horace.

Vigny n'a recueilli aucun sonnet dans ses Œuvres complètes et Sainte- Beuve croyait qu'il n'en avait jamais écrit; peut-être cette forme

condensée de versification était-elle artificielle à son gré , trop éloignée en tout cas de la poésie «prophétique» à laquelle il a toujours tendu. Aussi est-ce surtout par le Journal d'un Poète qu'ont été connues les pièces de ce genre. Vigny date du mois de mars 1836, après l'exécution de Fieschi et de ses deux complices le 19 février, des vers où la versatilité de la grande ville est flagellée durement, et avec moms de merci que dans Paris :

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