‹ PoëmesChapitre 110 sur 136 · DANIEL · texte numérisé non relu

DANIEL

Comme les deux vieillards qui poursuivaient Suzanne, Pierre le chasseur d'ours et George le marchand Te font la cour, ô France! et leur esprit méchant, N'ayant pu te séduire, à grands cris te profane.

Ils veulent qu'à la mort le juge te condamne Pour te fouler aux pieds du levant au couchant, Pour effacer ton nom et partager ton champ. Et se passer entre eux l'impure courtisane.

Mais que vienne un esprit parlant au nom du Ciel, Et, troublant les conseils de la voix qui t'accuse, Il dira, pour changer l'absinthe ainère en miel :

f( Son esprit est troublé, mais il est pur de fiel

Et plus giand, devant Dieu, que votre esprit de ruse;

Moi, je la sauverai, car je suis Daniel.»

Sous la date du 9 mai 1838, un autre sonnet, donné à la suite du Journal, exprime une idée, assez peu fréquente chez Vigny, sur les inconvénients du savoir :

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