‹ PoëmesChapitre 30 sur 136 · LE SOMNAMBULE · texte numérisé non relu

LE SOMNAMBULE

Dont j'embrasse l'autel, jamais nulle autre ardeur

De mes pieux serments n'altéra la candeur :

Non, jamais Pénélope à l'aiguille pudique

Plus chaste n'a vécu sous la foi domestique.

Pollion, quel est -il? — ■ Je tiens tes longs cheveux...

Je dédaigne tes pleurs et tes tardifs aveux,

Corinne, tu mourras... — Ce n'est pas moi! Ma mère,

Il ne m'a point aimée ! Oh ! ta sainte colère

A comme un Dieu vengeur poursuivi nos amours !

Que n'ai-je cru ma mère et ses prudents discours !

Je ne détourne plus ta sacrilège épée;

Tiens, frappe, j'ai vécu puisque tu m'as trompée...

Ah ! cruel ! . . . mon sang coule ! . . . Ah ! reçois mes adieux ;

Puisses-tu ne jamais t'éveiller! — Justes Dieux!»

Ecrit en 18 19.

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