‹ PoëmesChapitre 31 sur 136 · IDYLLE DANS LE GOUT DE THEOCRITE · texte numérisé non relu

IDYLLE DANS LE GOUT DE THEOCRITE

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«Honorons d'abord la Terre, qui, la première entre les Dieux, rendit ici les oracles. . .

«J'adore aussi les Nymphes...»

Eschyle.

Vois-tu ce vieux tronc d'arbre aux immenses racines? Jadis il s'anima de paroles divines; Mais par les noirs hivers le chêne fut vaincu, Et la Dryade aussi, comme l'arbre, a vécu. (Car, tu le sais, berger, ces Déesses fragiles, Envieuses des jeux et des danses agiles, Sous l'écorce d'un bois où les fixa le sort. Reçoivent avec lui la naissance et la mort.) Celle dont la présence enflamma ces bocages Répondait aux pasteurs du sein des verts feuillages Et, par des bruits secrets, mélodieux et sourds, Donnait le prix du chant ou jugeait les amours.

Bathylle aux blonds cheveux, Ménalque aux noires tresses Un jour lui racontaient leurs rivales tendresses. L'un parait son front blanc de myrte et de lotus; L'autre, ses cheveux bruns de pampres revêtus, Offrait à la Dryade une coupe d'argile; Et les roseaux chantants enchaînés par Bathylle, Ainsi que le Dieu Pan l'enseignait aux mortels. S'agitaient, suspendus aux verdoyants autels. J'entendis leur prière, et de leur simple histoire Les Muses et le temps m'ont laissé la mémoire.

MENALQUE.

O Déesse propice! écoute, écoute-moi!

Les Faunes, les Sylvains dansent autour de toi, Quand Bacchus a reçu leur bruyant sacrifice; Ombrage mes amours, ô Déesse propice!

BATHYLLE

Dryade du vieux chêne, écoute mes aveux! Les vierges, le matin, dénouant leurs cheveux, Quand du brûlant amour la saison est prochaine, T'adorent; je t'adore, ô Dryade du chêne!

MENALQUE.

Que Liber protecteur, père des longs festins. Entoure de ses dons tes champêtres destins, Et qu'en écharpe d'or la vigne tortueuse Serpente autour de toi, fraîche et voluptueuse!

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