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LES DESTINEES

«H sera plus heureux, se croyant maître et libre En luttant contre vous dans un combat mauvais Où moi seule, d'en haut, je tiendrai l'équilibre.

« De moi naîtra son souffle et sa force à jamais. Son mérite est le mien, sa loi perpétuelle : Faire ce que je veux pour venir où je sais. »

Et le chœur descendit vers sa proie éternelle

Afin d'y ressaisir sa domination

Sur la race timide, incomplète et rebelle.

On entendit venir la sombre Légion

Et retomber les pieds des femmes inflexibles,

Comme sur nos caveaux tombe un cercueil de plomb.

Chacune prit chaque homme en ses mains invisibles; Mais plus forte à présent, dans ce sombre duel, Notre âme en deuil combat ces Esprits impassibles.

Nous soulevons parfois leur doigt faux et cruel. La Volonté transporte à des hauteurs sublimes Notre front éclairé par un rayon du ciel.

Cependant sur nos caps, sur nos rocs, sur nos cimes.

Leur doigt rude et fatal se pose devant nous

Et, d'un coup, nous renverse au fond des noirs abîmes.

Oh! dans quel désespoir nous sommes encor tous!

Vous avez élargi le collier qui nous lie.

Mais qui donc tient la chaîne ? — Ah ! Dieu Juste, est-ce vous ?

l-S POËMf:S PHILOSOPHIQUES.

Arbitre libre et fier des actes de sa vie,

Si notre cœur s'entrouvre au parfum des vertus,

S'il s'embrase à l'amour, s'il s'élève au génie,

Que l'ombre des Destins, Seigneur, n'oppose plus A nos belles ardeurs une immuable entrave, A nos efforts sans fin des coups inattendus!

O sujet d'épouvante à troubler le plus brave! Question sans réponse où vos Saints se sont tus! O Mystère! ô tourment de l'âme forte et grave!

Notre mot éternel est-il : C'était écrit?

— Sur le livre de Dieu, dit l'Orient esclave;

Et l'Occident répond : — Sur le livre du Christ,

Écrit au Maine-Giraud (Charente), 27 août 1849.

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