‹ PoëmesChapitre 82 sur 136 · V. laç. Mais quelle est cette femme étendue à la porte · texte numérisé non relu

V. laç. Mais quelle est cette femme étendue à la porte

« Dieu de Jacob ! c'est elle , accourez , elle est morte ! »

II dit, les serviteurs s'empressent, [dans ses bras] sur son cœur

[L'appelle à la lumière] [Lui-même la soulève, à ses cheveux ingrats]

[Prodigue les baisers] L'invite à la lumière, et par une eau glacée

Veut voir de son beau front la pâleur effacée.

Mais son fils, d'une épouse ignorant le danger.

L'appelle et dans ses pleurs accuse l'étranger.

«L'étranger! quel est-il? parcourant la demeure,

Dit le maître irrité, que cet assassin meure!»

Des suivantes alors le cortège appelé

Se tait, mais le désordre et leur trouble ont parlé;

II revient, arrachant ses cheveux et sa robe.

Ses pieds tout nus, il dit : «Malheur! malheur à vous!

[Suivez mes pas] Venez, femme, à l'autel rassurer votre époux,

Oti [j'atteste ce] par le Dieu vivant qui déjà vous contemple...»

Elle dit en tremblant : «Seigneur, allons au temple.»

On marche. De l'époux les amis empressés

L'entourent tristement et tous, les jeux baissés.

Se disaient : « Nous verrons si dans la grande épreuve

[ D'eaux amères] Sa bouche de l'eau sainte impunément s'abreuve. »

On arrive en silence au pied des hauts degrés

[Où monte un prêtre seul] Où s'élève un autel. Couvert d'habits sacrés

Et croisant ses deux bras sur sa poitrine sainte

Le prêtre monte seul dans la pieuse enceinte.

La poussière de l'orge, holocauste jaloux.

Est, d'une main tremblante, offerte par l'époux.

Le pontife la jette à la femme interdite.

Lui découvre la tête, et tenant l'eau maudite :

«[Si jamais étranger] Si l'étranger jamais n'a su vous approcher,

Que l'eau qui de ce vase en vous va s'épancher,

Devienne d'heureux jours une source féconde ;

Mais si, l'horreur du peuple et le mépris du monde.

Par un profane amour votre cœur est souillé ,

Que flétri par ces eaux, votre front dépouillé

Porte de son péché l'abominable signe,

[Et justement vouée à leur]

Et que juste instrument d'une vengeance insigne,

Leur poison poursuivant l'adultère larcin.

En dévore le fruit jusque dans votre sein. »

Il dit, écrit ces mots, les [efface] consume, et leur cendre

Paraît avec la mort au fond des eaux descendre.

Puis il offre la coupe, un bras mal assuré

La reçoit; on se tait; « par ce vase épuré,

Dit l'épouse, mon cœur...» de poursuivre incapable :

«Grâce, dit-elle enfin, grâce, je suis coupable.»

La foule la saisit, son époux furieux

S'éloigne avec les siens en détournant les yeux.

Et du sang de l'amant sa [vengeance] colère altérée

Laisse au peuple vengeur l'adultère livrée.

v. III. Cependant un grand peuple aux autels introduit

V. Il 8. Tous se jettent aux pieds d'un homme au front austère

S'écriant hosannah. . .

[Et lui, tel que le Roi des Hébreux étonnés]

Et lui, tel qu'un Roi fait pour les infortunés V. 12-7. [Le suivaient, et son front tranquille et radieux

Apparaissait brillant et pur comme les Cieux]

Le suivaient lentement, et [sur] son front [pieux] sérieux

[L'auréole éclatait en bandeau radieux]

Portait une auréole à l'éclat radieux (ms B). Portait les feux [du ciel] divins en bandeau glorieux v. 133. On l'arrache avec peine à ce peuple en tumulte

Et vers le fils de Dieu que la terre consulte... v. i^.{. Et la femme pleura. — L'arbitre de son sort :

«Que celui d'entre vous...

Qui se croit. . .

var, V. i^ij.. ... pur jusqu'au fond de l'âme.

S'il en est d'entre vous, dit-il, exempt de blâme,

Qu'il jette, le premier, la pierre à cette femme... v. 147. II dit, et s'écartant de ce peuple irrité

Du vieillard à l'enfant tout à coup arrêté,

Le Dieu mystérieux, courbé sur la poussière,

Y traçait...

Vigny, récapitulant sa production, a écrit sur son brouillon : «206 vers», ce qui ne correspond plus aux i 52 alexandrins du texte actuel. Aux importantes corrections et suppressions dont témoigne ce manuscrit, il faut ajouter quelques «repentirs» de détail : et presque toujours les retouches vont dans le sens de la simplicité, de la netteté, s'éloignent de la phraséologie delillienne, ou s'efTorcent d'accentuer la couleur biblique :

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