‹ PoëmesChapitre 90 sur 136 · LE CHŒUR · texte numérisé non relu

LE CHŒUR

Mais la nuit aura vu ces eaux moins malheureuses Laver avec amour nos poupes généreuses; Et ces tombes sans morts, veuves de nos parens. Regorgeront demain des os de nos tyrans.

Non , des Ajax et des Achilles Vous n'avez gardé que le nom :

Vos vaisseaux se cachent aux îles Que cachaient ceux d'Agamemnon;

MaLomet règne dans nos villes, Se baigne dans les Ttermopvies, Chaudes encor d'un sang pieux; Son croissant dans l'air se balance...

Diomède a brisé sa lance :

On n'ose plus frapper les dieux.

LE CH<ECR.

L'aube de sang viendra, vous verrez qui nous sommes \bs chants n'oseront plus redemander des hommes. Compagnon mutilé de la mort de Riga Et pirate sans fers, fugitif de Parga,

Le marin, rude enfant de l'ile, Loin de ses bords chéris flotte sans l'oublier;

II sait combattre comme Achille,

Et son bras est sans bouclier. -

O nous pourrions déjà les entendre crier! Ces filles, ces enfans, innocentes victimes; Vos ennemis rians les foulent sous leurs pas. Et leur dernier soupir s'étonne de ces crimes Q.ue leur âge ne savait pas.

Vous av«z évité ces horribles trépas, Vjus, sœurs de mon destin, plus heureuses compagnes. Votre pudeur tremblante a fui dans les montagnes; Appelant de leurs mains et plaignant Héléna, Leur troupe poursuivie arrive à Colona; Puis sur le cap vengeur, l'une à l'autre enlacée, Chanta d'une voix ferme, exempte de sanglots, Et leur hymne de mort, sur le mont commencée. S'éteignit dans les flots.

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