‹ PoëmesChapitre 91 sur 136 · LE CH(EUR · texte numérisé non relu

LE CH(EUR

O tardive vengeance! 6 vengeance sacrée! Par trois cents ans captifs sans espoir implorée. As-tu rempli ta coupe avec ces flots de sang? Quand la verseras-tu sur eux?

Elle descend.

Voyez-vous sur les monts ces feux patriotiques S'agiter aux sommets de leurs croupes antiques ? Et Colone, et l'Hymète, et le Pœcile altier, Que l'olivier brûlant éclaire tout entier? Comme aux fils de Léda la flamme est sur leur tête; Les Grecs les ont parés pour quelque gra«de fête; C'est celle de la Grèce et de la liberté; Le signal de nos feux à leurs yeux est porté.

Quittez vos trônes d'or, Nations de la terre, Entourez-nous et dépouillez le deuil;

Votre sœur soulève la pierre

Qui la couvrait dans son cercueil.

A la fois pâle, faible et fière,

Ses deux mains implorent vos mains; Ses veux, que du sépulcre aveugle la poussière. Vers ses anciens lauriers demandent leurs chemins.

La victoire la rendra belle; Tendez-lui de vos bras les secours belliqueux,

Les Dieux combattaient avec elle;

Étes-vous donc plus grandes qu'eux?

Du moins contre la Grèce, ô n'ayez point de haine!

Encouragez-la dans l'arène; Par des cris fraternels secondez ses efforts; Et comme autrefois Rome en leur sanglante lutte, De ses gladiateurs jugeait de loin la chute. Que vos oisives mains applaudissent nos morts.

Elle disait. Ses bras, sa tête prophétique

Se penchaient sur les eaux et tendaient vers l'Attique.

En foule rassemblés, remplis d'étonnement.

Quand pâle, enveloppée en son blanc vêtement.

Elle s'élevait seule au sein de l'ombre noire,

Les Grecs se rappelaient ces images d'ivoire

Qu'aux poupes des vaisseaux consacraient leurs aïeux,

Pour les mieux assurer de la faveur des dieux.

Fin du Chant second.

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