‹ PoëmesChapitre 92 sur 136 · L'URNE · texte numérisé non relu

L'URNE

Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre? O vous, à ma douleur objet terriBIe et tendre, Eternel entretien de haine et de pitié !

( Corneille. )

«Aux armes, fils d'Ottman, car de sa voix roulante

« Le tambour vous rappelle à la tàcKe sanglante.

n Le canon gronde encor sur le fort de Phylé.

« Le cœur des Giaours à ce bruit a tremblé ,

«Sous leurs tombeaux détruits ils ont caché leur tête;

« Mais le sabre courbé va sortir, et s'apprête

« A confondre bientôt leurs crânes révoltés

« Aux cendres des aïeux qui les ont exaltés.

H Poursuivons des vils Grecs le misérable reste,

«Abandonnez ces vins que Mahomet déteste,

«Et ces femmes en pleurs qui meurent dans les cris,

«Indignes des guerriers qu'attendent les houris!»

Ainsi criait l'Emir, et dans sa main sanglante

S'agitait de Damas la lame étincelante;

Son cheval bondissant écumait sous le mords,

Et ses fers indignés glissaient au sang des morts,

Quand le maître animait sa hennissante bouche.

Et d'un large étrier pressait son flanc farouche.

Eveillés à ses cris, ses soldats basanés

S'avancent d'un pas ivre et les yeux étonnés.

Quand le tigre indolent sorti de sa mollesse. De ses flancs tachetés déployant la souplesse, A saisi dans ses bonds le chevreuil innocent, Long-temps après sa mort il lèche encor son sang, Il disperse sa chair d'un ongle plein de joie. Roule en broyant les os et s'endort sur sa proie. Non moins lâche et cruel, le Musulman trompeur Se venge sur les morts d'avoir senti la peur : Il demande la paix, il l'obtient par la feinte; Puis, la tête ennemie, offerte à lui sans crainte, Tombe et lui sert de coupe à ce même festin Qu'avait, pour le traité, préparé le matin.

3o4 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

En de telles horreurs Atlicae était plongée,

Et tant de cris sortaient d'une foule égorgée,

Que, si j'osais conter d'une imprudente voix

Ces attentats, un jour le repentir des rois.

Le guerrier briserait son impuissante épée

Dans son élan vengeur par le devoir trompée;

La mère, des chrétiens accusant la lenteur.

Regardant vers le seuil, sur son sein protecteur

Presserait son enfant; et la vierge innocente

Cacherait dans ses mains sa tête rougissante.

Au bruit de la timbale et des clairons d'airain

Les coursiers se cabrant, font résonner le frein;

Leurs fronts jettent l'écume et leurs pieds la poussière.

Du sultan de Stamboul élevant la bannière

Le Pacha vient, on part. Les Spahis en marchant

Règlent leur pas sonore aux mots sacrés du chant :

Allah prépare leur défaite;

Priez, chantez : Dieu seul est Dieu,

Et Mahomet est son Prophète.

Le Koran gouverne ce lieu;

Que le Giaour tombe et meure.

Dans la flamboyante demeure

Par Monkir il sera jeté.

La terre brûlera l'impie.

Car sa tombe sera sans pluie

Sous les dards plombés de l'été.

Le Croyant superbe s'avance; II est brave; il sait que son sort Avec lui marche, écrit d'avance Sous l'invisible collier d'or; Son front sous le dernier génie, Dont le vol a de l'harmonie, Se courbe sans être irrité.

La prévoyance est inhabile A reculer l'heure immobile Que marque la fatalité.

Si la mort frappe le fidèle, Quittant son paradis vermeil Et déployant l'or de son aile, La Péri viendra du Soleil.

Ses chants le berceront de joie.

Ses doigts ont travaillé la soie Où le brave doit reposer;

L'entourant d'une écharpe verte.

Sa bouche de rose entr'ouverte L'accueillera par un baiser.

Qui puisera les eaux sacrées

Dans la fontaine de Cafour,

Où les bouris désaltérées

Chancellent et tombent d'amour?

Leurs yeux doux, qu'un cil noir protège.

Vous regardent : leurs bras de neige

Applaudiront au combattant;

Et dans des coupes d'émeraude

Une liqueur vermeille et chaude

Coule de leurs doigts et l'attend.

Allah prépare leur défaite,

Il a pris le glaive de feu;

Priez, chantez : Dieu seul est Dieu,

Et Mahomet est son Prophète.

Si de grands bœufs errans sur les bords d'un marais Combattent le loup noir sorti de ses forêts, Long-temps en cercle étroit leur foule ramassée Présente à ses assauts une corne abaissée. Et, reculant ainsi jusque dans les roseaux. Cherche un abri fangeux sous les dormantes eaux. Le loup rôde en hurlant autour du marécage : Il arrache les joncs, seule proie à sa rage. Car, au lieu du poil jaune et des flancs impuissans. Il voit nager des fronts armés et mugissans. Mais que les aboiemens d'une meute lointaine Rendent sûrs ses dangers et sa fuite incertaine, II s'éloigne à regret; son œil menace et luit Sur l'ennemi sauvé que lui rendra la nuit : Tandis que, rassuré dans sa retraite humide. Le troupeau laboureur, devenu moins timide, Sortant des eaux ses pieds fourchus et limoneux. Contemple le combat des Imiiers généreux. Tels les Athéniens, du haut de leurs murailles. Ecoutaient, regardaient les poudreuses batailles. «Quels pas ont soulevé ce nuage lointain? «Ces sables voIent-iIs sous le vent du matin? «Se disaient-ils : quittant l'Afrique dévorée, « Le Semoun flamboyant souffîe-t-il du Pyrée? « Il accourt vers Athène et renverse en courant «L'Ottoman qui résiste, et le laisse mourant.

^o6 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

« Ce sont des Grecs : voyez , voyez notre bannière !

« Elle est resplendissante à travers ia poussière, m

Mora la soutenait, et ses exploits errans

Bien loin derrière lui laissaient les premiers rangs.

Tenant sa main, paraît la belle et jeune fille,

Pâle; un crucifix d'or au-dessus d'elle brille :

Elle osait l'élever d'un bras ferme et pieux.

Sans craindre d'appeler la mort avec les yeux,

Marchait, et d'un œil sûr comme sachant leurs crimes.

Au Grec avec sa croix désignait ses victimes.

Lui, suspendait ses pas, et sa froide fureur

Frappait, en souriant de dédain et d'horreur.

Alors on entendit, du haut des édifices.

Des femmes applaudir ces sanglans sacrifices;

Elles criaient : «O Grèce! ô Grèce! .lève-toi !

«L'ange exterminateur vient, guidé par la foi!»

Et, la joie et les pleurs se mêlant aux prières.

De leurs murs démolis précipitaient les pierres.

Et l'huile bouillonnante, et le plomb ruisselant

Jetés avec fracas en fleuve étincelant.

Répandaient aux turbans que choisissaient leurs haines,

Des maux avant-coureurs des éternelles peines;

Tandis que, soulevant les pierres des tombeaux,

Leurs pères, leurs enfans, leurs époux en lambeaux,

SoPtaient, pour le combat, de leurs retraites sombres,

Et de leurs grands aïeux représentaient les ombres.

Les Turcs tombent alors vaincus; les deux amans

D'un pied triomphateur foulent ces corps fumans.

Comme on voit d'un volcan le feu long-temps esclave

Tonner, couler, descendre en une ardente lave.

Et, confondant les rocs et les toits arrachés

Aux cadavres brûlans des chênes desséchés ,

Renouveler le Styx pour les tremblantes plaines.

Tels marchaient après eux les rapides Hellènes.

Leurs bras rassasiés, désœuvrés de martyrs.

Arrachaient en passant quelques derniers soupirs;

Mais leurs yeux et leurs pas tendaient vers la fumée

Qui roulait en flots noirs sur l'église enflammée.

Là tombaient des chrétiens au pied de leur autel;

On entendait le cri sans voir le coup mortel.

Car l'incendie en vain éclairait tant de crimes :

Les portes dérobaient et bourreaux et victimes.

On les frappe à grand bruit. Calme comme un vainqueur,

Mora pressait alors Héléna sur son cœur.

«Viens, disait-il, viens voir la maison paternelle,

« Puisque ses murs quittés te font si criminelle ;

«C'est là ta seule peine. Allons, viens avec moi,

« Le vainqueur amoureux va supplier pour toi ;

« J'y vais trouver ensemble et ta main et ta grâce :

M Qu'as-tu fait que la gloire et notre amour n'efface?»

Mais elle s'avançait : «Ne parlez pas ainsi,

«Vous allez m'affaiblir; Dieu m'a conduite ici!»

Et le délire alors semblait troubler sa vue

Vers le temple brûlant toujours, toujours tendue.

« C'est Dieu qui me fait voir quel doit être mon sort !

«Silence! taisons-nous; j'entends venir ma mort!»

On entendait, au fond de l'église en tumulte.

Des Lurlemens, des cris de femmes, et l'insulte.

Et le bruit de la poudre et du fer. Cependant

Un nuage de feu sortait du toit ardent.

«Mon ami, disait-elle, ô soutenez mon âme!

«Rendez-moi forte : hélas! je ne suis qu'une femme;

«Quand je vous vois, je sens que j'aime encor le jour;

«H ne me reste plus à vaincre que l'amour;

«Pour l'autre sacrifice, il est fait.» Et ses larmes

Qu'elle voulait cacher, l'ornaient de nouveaux charmes.

Lui, la priait de vivre, et ne comprenait pas

Quels chagrins l'appelaient à vouloir le trépas.

Elle était sur son cœur; sa tête était penchée.

On croyait qu'à ses cris elle serait touchée;

Mais la porte du temple est ouverte, et l'on voit

Tous ceux que menaçait le poids brûlant du toit :

Tous les Turcs étaient là; mais chacun d'eux s'arrête,

Croise ses bras, jetant son fer, lève la tète.

Et sur la mort qui tombe ose fixer les yeux.

Un seul cri de terreur s'élève jusqu'aux Cieux;

Le dôme embrasé craque, et dans l'air se balance.

«Je les reconnais tous!» dit-elle. Elle s'élance.

Et sur le seuil fumant monte. « Je meurs ici !

« — Sans ton époux? dit-il. — Mes époux? les voici!

«Je meurs vengée! Adieu, tombez, murs que j'implore;

«Les Cieux me sont ouverts, mon âme est vierge encore!»

Et le clocher, les murs, les marbres renversés,

Les vitraux en éclats, les lambris dispersés.

Et les portes de fer, et les châsses antiques,

Et les lampes dont l'or surchargeait les portiques ,

Tombent; et dans sa chute ardente, leur grand poids

De cette foule écrase et la vie et la voix.

Long-temps les flots épais d'une rouge poussière

3o8 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

Du soleil et du ciel ctoufFcnt la lumière; On espère qu'enfin ses voiles dissipes Montreront quelques Grecs au désastre échappes ; Mais la flamme bientôt, pure et belle, s'élance Et sur les morts cachés brille et monte en silence.

Cependant, vers le soir, les combats apaisés

Livrèrent toute Atliène aux vainqueurs reposés.

Après l'effroi d'un jour que la flamme et les armes

Avaient rempli de sang et de bruit et d'alarmes ,

Sur les murs dévastés, sur les toits endormis,

La lune promenait l'or de ses feux amis.

Athène sommeillait; mais des clartés errantes.

Puis, dans l'ombre, des cris soudains, des voix mourantes,

De quelques fugitifs venaient glacer les cœurs;

Ils craignaient les vaincus non moins que les vainqueurs

Ils étaient Juifs. Surtout en haut de la colline

Q.ue du vieux Parthénon couronne la ruine.

Dans ses piliers moussus, ses anguleux débris,

Ils avaient cru trouver de plus secrets abris.

Comme l'humble araignée et sa frêle tenture,

Des lambris d'un palais dérobent la sculpture.

Une Mosquée, au coin du temple chancelant,

Suspendait sa coupole et cachait son front blanc :

C'est là qu'une famille, encor d'effroi troublée.

En cercle ténébreux s'était toute assemblée;

Autour d'un candélabre aux autels dérobé.

Ils comptaient l'amas d'or entre leurs mains tombé.

Les sabres de Damas que le soldat admire.

Et les habits moelleux tissus à Cachemire,

Les calices chrétiens, les colliers, les croissans.

Ces boucles, de l'oreille ornements innocens :

Car aux fils de Judas toute chose est permise.

Comme dans leurs trésors toute chose est admise.

D'avance épouvantés d'images de trépas,

Tous ces Juifs ont frémi; l'on entendait des pas.

Le pas d'un homme seul sous la voûte sonore :

II marchait, s'arrêtait, et puis marchait encore.

Et l'écho des degrés, en bruits sourds et confus,

Leur renvoya ces mots vingt fois interrompus :

« Le sang du fer vengeur s'essuiera dans la terre.

«Je veux qu'il creuse là ta fosse solitaire;

((Dans l'urne inattendue où ne luit aucun nom,

(( Ta cendre va dormir au pied du Parthénon.

(( Dans ce vase de mort, teint d'une antique rouille.

«On ne versa jamais plus lugubre dépouille,

« Tant de malheurs dedans , et tant de pleurs dehors

« N'ont jamais affligé ses funéraires bords.

«Et certes cette gloire au moins nous est bien duc,

« D'avoir de tout malheur dépassé l'étendue.

« — Ni l'homme d'aujourd'hui , ni la postérité

« N'oseront te sonder jusqu'à la vérité ,

«Jeune cendre; et des maux de ce jour de misères

« La moitié suffirait aux désespoirs vulgaires.

«Quand un passant viendra chercher, en se courbant,

« Quelques vieux noms de morts dérobés au turban ,

«Il trouvera cette urne, et, déterrant sa proie,

« Rassasiera de nous sa curieuse joie ;

«Il tournera long-temps ce bronze, et pour jamais

« Dispersera dans l'air la beauté que j'aimais.

«Et si son cœur tressaille à l'aspect de sa cendre,

«Si dans des maux passés il consent à descendre,

«Que pourra sa pitié? Ce que toujours on vit,

«Plaindre, non l'être mort, mais l'être qui survit;

« Moi-même j'ai bien cru que la mort d'une amante

« Etait le plus grand mal dont i'enfer nous tourmente.

«Ah! que ne puis-je en paix savourer ce malheur!

« Il serait peu de chose auprès de ma douleur.

« Dans son temps virginal que ne i'ai-je perdue ?

« A se la rappeler ma tristesse assidue

«La pleurerait sans tache, et distillant mon fiel,

« Je n'aurais qu'à gémir et maudire le Ciel !

«Je dirais : Héléna! que n'es-tu sur la terre?

« Tu laisses après toi ton ami solitaire ,

« Renais ! Que ta beauté , beUe de ta vertu ,

« Vienne au jour, et le rende à mon cœur abattu.

«Mais de pareils regrets la douceur m'est ravie,

« Il faut pleurer sa mort sans regretter sa vie ;

« Et si ces restes froids cédaient à mon amour,

« J'hésiterais peut-être à lui rendre le jour.

«Malheur! je ne puis rien vouloir en assurance,

« Et dédaigne le bien qui fut mon espérance !

«Héléna, nous n'aurions qu'un amour sans honneur :

«Va, j'aime mieux ta cendre encor qu'un tel bonheur.

« Descends, descends en paix; attends ici ma gloire,

«En te la rapportant après notre victoire,

«Je la mépriserai pour te pleurer toujours,

«Et, ton urne à la main, je compterai mes jours.»

Fin du troisième et dernier Chant.

Moïse porte à son point culminant l'ardeur prophétique du jeune poète, mais place, à côté de la grandeur émouvante de ce rôle, un douloureux sentiment de solitude chez ceux que Dieu a élus. Un fragment de manuscrit ne fait allusion qu'au premier de ces éléments ; ce sont des citations bibliques : «Vous avez mis une nuée devant nous afin que notre prière ne passe point.» Jérémie, chap. III, v. 44.; Moïse dit : «Qi.ie le Seigneur Dieu des esprits de tous les hommes choisisse lui-même un homme qui veille sur tout ce peuple.» Nombres, chap. XXVII, v. 12. Le second élément a pris le dessus : le Moïse du Dcutcronome , de l'Exode et des Nombres, le législateur qu'avaient évoqué au Sinaï l'Hermès de Chénier, le Génie du Cbristianis7ne , le Moyse de N. Lemercier; dont Millevoye avait été empêché par la mort de s'occuper à son tour ; — l'impérieux législateur élève une plainte qui fait écho aux grandes doléances romantiques sur la solitude du génie. La tradition rabbinique, d'ailleurs, s'était inquiétée déjà du sort illogique de Moïse, guidant Israël jusqu'à la Terre Promise et n'y pénétrant point. La tristesse de Childe-Harold et surtout de Manfred, élargie, retentit dans ces reproches du prophète à son Dieu; mais c'est moins de Byron que de l'Ecclésiastique, XLIX, 15, et àeV Exode, XIII, 19, que s'inspire Vigny faisant ouvrir à Moïse une tombe antique : les os de Joseph ont prophétisé à sa voix.

L'intensité symbolique de cette figure s'est accentuée avec le temps, et en décembre 1838 Vigny écrivait : «Ce grand nom ne sert que de masque à un homme de tous les siècles et plus moderne qu'antique : l'homme de génie , las de son éternel veuvage et désespéré de voir sa solitude plus vaste et plus aride à mesure qu'il grandit. Fatigué de sa grandeur, il demande le néant...» On trouvera ci-joint, en fac-similé, tout ce qui semble rester d'une copie retouchée des derniers vers (1822?).

Daté de juillet 1822, Le TrAPPISTE met en scène un épisode récent des dissensions ibériques , et Vigny a conté lui-même , dans la première édition d'un poème destiné à être vendu au bénéfice des religieux espagnols de cet ordre, l'émoi qu'il ressentit à voir et entendre le R. P. Jean-Baptiste de Martres, prieur des Trappistes d'Espagne, réfugié chez l'archevêque de Paris. 11 fit visite à Vigny, suscita d'ailleurs en France d'autres défenseurs littéraires : Ernest de Blosscville, le 18 avril 1823, devait lire, à la Société des Bonnes Lettres, une «élégie héroïque» de même titre que le poème où Vigny utihsait aussi une information de presse relative aux journées du 6, 7 et

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Fac-simile du manuscrit de AloïSE,

8 juillet à Madrid. Le roi d'Espagne, supposé prisonnier des Certes, avait été l'objet d'une Iiéroïque tentative de libération. Vigny, dans une note, a resserré en un seul divers passages épars dans le même numéro des Débats; voici un texte oii des points de suspension et des parenthèses rendent compte de ces remaniements :

On a propose au roi de profiter du temps pour quitter Madrid avec . une escorte sûre ; mais l'infortuné prince n'a pu se résoudre à suivre ce conseil...

Le bruit s'étant répandu parmi les gardes... que le roi était emmené hors du palais comme prisonnier des Cortès, l'ardeur de cette troupe fidèle ne pouvait plus se contenir. Elle résolut de pénétrer jusqu'au palais... et de mettre le roi en liberté... Après une charge meurtrière, la garde parvint sur la place du Palais... Ils attendaient impatiemment des ordres, et nul ordre n'a été donné de l'intérieur!... Figurez -vous le palais du roi entouré de ses malheureux gardes, dix pièces de canon braquées contre les portes et les fenêtres, et dix mille personnes, tant miliciens que bandits, poussant des cris épouvantables... (Us ont combattu...) Le nombre des gardes qui ont échappé (vers l'année de la Foi) est d'environ trois cents... Le roi a été forcé de paraître (au balcon) et a salué (le peuple).

Journal des Débats, 15 juillet 1822.

Personnage byronicn par toute son allure , le héros de Vigny proclame le droit divin des rois : il se meut dans une atmosphère composite où il y a du Chateaubriand et de l'Ossian.

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