CHANT KABYLE
1\ii Si MOHAMMED SAID BEN ALI CHER IF.
Aga des Illoulen ou Sammcr et des Béni Aïdel '.
Stamboul prend la bannière verte; Les peuples, réunis autour Pour porter au Russe sa perte, Défilent au bruit du tambour.
Abd el-Medjid guide ses braves Qui s'illustrent en combattant; Il rend les gens du nord esclaves...
Ktmoi, je reste ici, pourtant!...
La neige tombe épaisse et blanche Sur le rocher d'Alloul, la nuit. ** De l'arbre elle brise la branche...
Adieu donc l'espoir de son fruit !
Le givre, en glissant des nuages Jusqu'à la plaine de Redjas, **" Emprisonne, dans leurs villages, Les Kabyles souî» les frimats.
D'un courrier rends-moi le service.
Faucon, du chaperon coiffé!
Depuis longtems c'est ton office:
Redis ce chant que j'ai rêvé.
Sois mon écho près de ma belle En te posant sur ses genoux, Puis, viens reprendre, — ami fidèle, — Le capuchon de ton bournous.
Son nom qui par un Tsa^ commence, * Exprime d'un mot le bonheur!...
Et fait, pourtant, qu'en ma démence J'oublie affaires, — gloire, — honneur!
Comme l'or des pendants d'oreille, .
Elle est pure, — et cause mes pleurs....!
Je vois, quand je dors, quand je veille, Sa tunique de deux couleurs.
Elle m'a dit : — « Noble jeune homme !.
" Nous serons unis, cher amant !
> Point n'est besoin que Ton me somme , • Beau brun, — de tenir ce serment » Ma belle-mère en vain tempête!..- » Son fils de te voir m'interdit!...
» Dussent-ils me couper la tête , » A toi je serai ! Je l'ai dit ! ^«
L'autre jour je l'ai rencontrée.
Tout semblait renaître à la voir.
Comme s'éclaire la contrée Quand la hino arrive, le soir.
Des abus, de la tromperie, L'auteur unique, c'est l'argent!
C'est lui qui lia ma chérie. Ma belle à cet homme méchant....!
Toi qui sais lire en tous les livres, Et comprends la comparaison , Parmi les ogres de sang ivres On prit son mari !... Trahison !
Qu'une goule épouse un vampire !.., Mais, Cadi! rends la liberté A la femme en pleurs, qui désire Un époux dans l'humanité!
ma tète ! c'est bien folie De prendre un ton qu'il faut changer, Pour ma belle, svelte et jolie Comme une pousse d'oranger !
11 faut qu'en vers fleuris on chante La rose qui tremble aux zéphirs, — Celle qui livre aux vents sa mante , - La colombe de mes désirs !
Mon front s'embrase I... Il s'en exhale Le feu dont s'animent les vers.
Comme au tems où, sur ma cavale, J'errais du rivage aux déserts.
— 71) — Mais (Je la belle incomparable Aujourd'hui que j'aime Toeil noir, Au gîte, comme un misérable, Je reste et ne me fais plus voir.