CHANT DE NOCE DES HADJOUT
Arabc<i en cinquante tribus, qui occupent la partie Ouest de la plaine de la Métidja, près Alger.
Elle vaut cent objets d'azur , Comme le dôme d'un ciel pur.
Elle vaut les mines d'ardoises, Tous les saphirs et les turquoises, Et des bleus pruniers le fruit mûr. - Elle vaut cent objets d'azur.
Elle vaut cent objets tout noirs, Comme en été les sombres soirs.
Elle vaut le musc d'Arabie, Les fils du Sultan de Nubie.
Ses tresses semblent des miroirs. — Elle vaut cent objets tout noirs.
Elle vaut cent objets pourprés.
Comme l'amaranthe en nos prés.
Elle vaut le jus de nos treilles.
Du rubis toutes les merveilles.
Ses bras de veines sont marbrés.— Elle vaut cent objets pourprés.
Elle vaut cent objets tout verts.
Comme les feuillages divers.
Elle vaut Therbe et la fontaine Des haouchs au bout de la plaine, Et nos champs après les hivers. — Elle vaut cent objets tout verts.
Elle vaut cent objets tout blancs, Comme un haïck garni de glands.
Elle vaut les vases d'albâtre, Les toisons que lave le pâtre , Les cygnes argentés aux flancs. — Elle vaut cent objets tout blancs.
Elles vaut tous les Turcs d'Alger Et les Cheiks des Portes de fer. * Elle vaut, ( si tu sais comprendre ).
Ben Tami, sa fille et son gendre ! ** Nul objet pour moi n'est plus chei*. - Elle vaut tous les Turcs d'Alger.
Elle vaut tous les sentiments Qu'éprouve le cœur des amants :
Elle vaut l'amour, l'espérance.
Les chagrins, les vœux de l'absence, La constance et tous ses tourments. - Elle vaut tous les sentiments.
Elle vaut tout dans l'univers :
Les objets blancs, bleus, noirs el verls.
Elle vaut les métaux, les marbres, Les oiseaux, les poissons, les arbres, Les Sultans, les désirs, les vers...— Elle vaut tout dans Tunivers.