‹ Poèmes aristophanesquesChapitre 18 sur 62 · FOIRE AUX JAMBONS · texte numérisé non relu

FOIRE AUX JAMBONS

(intimitk)

Ma mignonne, voici l'avril! Un air plus doux

Où flotte l'âme populaire du saindoux

Et des frites, ce soir, invite aux indécences

Les troubades sortis avec leurs connaissances.

Les boutiquiers ventrus, aux blairs de tamanoir,

En famille, ont empli le boulevard Lenoir.

Ils gagnent, essoufflés, la barrière du Trône

Et les lutteurs forains sont tous en maillot jaune!

Viens ! nous allons humer des glaces à deux sous.

Dédaignant le concert arabe, où les dessous

Précaires des oulels-naïls sentent le rance.

— Comme il est pur le ciel de notre belle France!

Viens! nous irons tous deux, fidèles au drapeau,

Complimenter Va homme de bronze » dont la peau

Fait voir l'airain si cher à Monsieur Déroulède.

POÈMES ARIST0PHANESQUE8

Le sabre, le fusil, la dague de Tolède

Figurent, à son poing- aimé des caporaux,

Les croûtes de Neuville et celles de Morot.

Nous prendrons notre part de ces plaisirs austères

(Trois sols pour les pékins, deux pour les militaires)

Et notre cœur oii Jeanne d'Arc palpite encor •

Magnifiera Boisdeffre avec l'Etat-Major

Nous déambulerons parmi les odeurs grasses,

— Tes bottines à huit francs cinquante, un peu lasses-

Jusqu'à l'heure où, la main dans la main, et suçant

Les berlingots, dont le parfum est innocent.

Nous gagnerons, vers la place de la Bastille,

Les tirs aux macarons, luisants decanelille

Et l'échoppe où l'on voit, telle que nos guerriers,

Une hure de porc ceinte de verts lauriers.

AU PAYS DU MUFLE 3

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