CHORÈGE
A Monsieur Jean Rameau, littérateur français.
a La dernière fois que je le vis, ce fut, si je ne me trompe, chez une comtesse de la rue Saint-Honoré, et l'on raconte qu'une autre comtesse qui demeure dans les environs de la gare Saint-Lazare, et très suspecte de basbleuisme, hélas! le comptait parmi ses fidèles. »
Des œuvres complètes de M. Jean Rameau. Lettre à l'Écho de Paris du lo mars 1891.
Claudicator ayant découvert qu'il existe
Des comtesses ailleurs qu'aux romans de Balzac,
A chaussé des g-ants paille et revêtu le frac :
On le prendrait, tant il est beau, pour un dentiste.
Jadis potard, expert à triturer les bols, Il rêvait, dédaig^nant le nom d'apothicaire, A des in-folios connus d'Upsal au Caire, — Et ses dormirs furent hantés par les Kobolds.
Maintenant, l'œil féroce et la bouche crispée, Il récite devant l'indulg-ence attroupée Des vieilles dames aux appas g'élatineux :
Et, surprenant effet des rimes qu'il accole, Nonobstant la rigueur des corsets et des nœuds, Sa voix fait tressaillir tous ces baquets de colle.
QUATORZAIN D'HIVER
A LA LOUANGE DE GLAUDIGATOR LE BÉnÉYOLE
Notre subtil et brillant écrivain a réprouvé...
Un reporter de la Patrie.
Là paix est ton but, ô Pacifique!
E. Renan, Invocation sur l'Acropole.
Rameau chantait : Je ne suis pas joli, joli ; Rivarol a trouvé chez moi son antipode. Ignorant tout français, je beugle mes épodes, Avec le geste d'un qui fait pipi au lit.
Les plumassières dont j'illustre les soirées Baillent quelques écus pour m'entendre. Et voilà Qu'avec Dreyfus, avec Scheurer, avec Zola, Un marasme soudain alanguit mes rentrées.
Le commerce est dans le marasme ! ce qui fait Que j'ai, ce soir, lavé la tête et dit leur fait Aux gazetiers que Millevoye excommunie.
Destin, sauve la France et garde ses quitus Au poète cagneux qui grimpe en omnibus Et « va-t-en ville » pour gasconner son génie!