CANDIDATS A L'IMMORTALITE
Quand au poète Dierx incombe ce bonheur, Bien des forts sont tombés dans l'arène tragique : Ils ne t'ont point élu, barde pédagogique, Sully-Prudhomme, honneur des Légion d'honneur;
Ni Coppée — un François d'Assise tricolore —
Ni Gazalis qui met en strophes le Néant,
Ni Jean Rameau, boiteux pour un écu béant,
Après ces chefs, d'autres, moins grands, restent encore.
Plus nègre que ce freux où vit le preux Arthus, Moréas qui, le soir, au compte-goutte urine, Fait couver par Maurras d'innommables fœtus.
Mais le Pierre Puget du suif, des margarines, Jean Richepin donna l'être à Jehan Rictus Qui peint son âme d'or sur le mur des latrines.
Or,ces guerriers ayant poussé le cri d'alarme Et déterré la hache au seuil de leur gourbi, Elèves de Barrés et poteaux de Bibi La Purée, en tous lieux dégobillent leurs carmes.
Les symbolistes, les simplistes, les romans. Ceux qui riment, à soixante ans, leurs pucelages Et ceux dont les neurasthéniques mucilages Pour Monsieur de Vogué sont emplis d'agrément;
POEMES ARISTOPHANESOUES
Frémine plus hideux que les têtes de l'Hydre, Et Vicaire pochard comme une pomme à cidre, Et ceux qui font des vers pour les cafés de nuit
Tous veulent sur leur front le diadème esthète, Ces palmes dont la fleur améthyste leur duit Et l'org-ueil des festins à douze francs par tête.