‹ Poèmes aztéquesChapitre 11 sur 34 · A ANTONIO PENAFIEL · texte numérisé non relu

A ANTONIO PENAFIEL

Les Mexicains avaient des temples qu'iis nommaient Teocalli «maison de Diea)|et Tè(HMUi(llea ouest dieu).

Le Grand Temple consacré à Huitzilipochtli fut d*abord une pauTre cattane. Itzcoatl le reforma, son successeur Moteuczoma I* l'agrandit, Tizoc enfin, jeta les fondements d'un superbe édifice qu*Ahuizotl termina et qui ftit cela! dont les Espagnols contèrent tant de mer- TeOles après Tarolr détroit.

CLAViesao \Hi8t du Mezlgiie, Uv. VI)^

[ES premiers chefs Mexis consacrèrent un temple Humble, au début, au dieu protecteur. Leur exemple Fut suivi par les rois : Itzcoatl reforma L'édifice et le fit orner; Moteuczoma L'agrandit ; par son ordre on sculpta des statues Dans la pierre et le bois ; de plumes revêtues

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Elles trônaient au front des autels ; mais, Tizoc Fit plus qu'eux : il choisit d'abord, pour base, un roo A fleur d'eau ; — le roc noir cœur et centre de Tîle Où jadis les Mexis sur un nopal sénile, Avaient vu se poser l'aigle roux ; — en ce lieu Il fit une maison superbe pour le dieu : Le Téopan central, puissante pyramide Tronquée, était en pierre et d'un stuc très solide Recouverte en entier. Elle fut par Tizoc Consacrée au seigneur des eaux, au dieu Tlaloc Dont la semence arrose et féconde la terre.

Puis au grand Mexltli, l'arbitre de la guerre. Il fit construire encor pour les deux immortels Au front du Téopan, deux superbes autels De trente pieds de haut ; on y vit les idoles. Leurs attributs divins, leur histoire en symboles ; Et, pour ne pas les mettre en des rivalités De culte, certains jours leur furent affectés.

Quatre murs entouraient la pyramide énorme ; Oinq étages montaient jusqu'à la plateforme Dernière où se trouvaient les autels consacrés ;

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Cinq escaliers, chacun de cent quinze degrés, 8*étageaient en tournant aux flancs de Tédifice ; Les prisonniers voués au sanglant sacrifice Devaient périr en haut; les peuples insoumis Voyaient ainsi, de loin, le sort des ennemis Des Aztèques vainqueurs. Dans l'enceinte sacrée. Entre les quatre murs, une place carrée S'étendait enfermant des temples plus petits Pour les divinités secondaires bâtis.

Les prêtres, constamment au nombre de cinq mille, Trouvaient dans cette cour une maison d'asile ; Ils y vivaient afin d'être tout près des dieux, A toute heure. Le roi choisissait les plus vieux, Les plus purs, qu'on vouait à l'étude des astres. Ils lisaient dans les cieux et souvent les désastres Étaient prédits par eux.

A côté des parois D'enceinte s'étendaient les demeures des rois Aztèques ; et, plus loin, au milieu de la ville. Les palais des Seigneurs. Le peuple autour de l'île Avait dans les marais, des logements bâtis

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Au-dessus du niveau des eaux, sur pilotis.

Quatre chemins menaient des bords de la lagune Au grand Temple. Le lac, propriété commune, Etait couvert d'îlots flottants que' des rameurs Poussaient et qui semblaient des corbeilles de fleurs ^

Ahuizotl termina le Temple ; les beaux arbres

Des forêts, les stucs blancs, les métaux et les marbres

S'unirent pour finir dails son énormité

Le vaste monument par les dieux habité.

Or, Ahuizotl le fit avant tout formidable

Afin qu'en cas de guerre il fût inabordable ;

Au sommet, les deux dieux adorés avaient l'air

De garder la vallée immense; l'outremer

Des deux les couronnait d'un ineffable dôme ;

De l'or et des joyaux à payer un royaume

Les couvraient d'un manteau radieux. Chaque nuit

Cent prêtres les veillaient et, de très loin, le bruit

De-leurs chants s'entendait confus dans le silence.

1 Les a chinampas », jardins, formés aux bords des lacs par des couches de terre entassée sur des claies d'osier et retenue par des bordures de nattes.

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, Mexitli du bras droit brandissait une lance. Sa main gaucbe tenait un large bouclier.

Un serpent enroulé lui servait de collier Et de fauves éclairs sortaient de ses prunelles. Près de son compagnon, des lampes éternelles Brillaient, mettant des points d*or sur son front puissant ; Des ossements humains que Ton baignait de sang Se tassaient sous leurs pieds dans une crypte obscure» Les cœurs tout chauds encor leur servaient de pÀture» Et Ton voyait le long des roides escaliers, A chaque marche, deux crânes blancs. Les piliers Et les murs étaient peints en rouge. Quatre portes Donnaient accès au temple et de fortes cohortes De guerriers constamment les gardaient. Des odeurs Acres, des cris, toi]y ours, montaient des profondeurs.

Les voisins des Mexis voyant le temple sombre Songeaient à leurs vaincus et se cachaient dansl'ombre .

Tel était en ces temps le grand Téocalli Consacré par les rois au divin Mexitli.

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Siècles 1 jours du passés ! de cette masse altière Que reste-t-il? La nuit sur un peu de poussière : Dès son achèvement, ses jours étaient comptés, Et la fin approchait des Mexis indomptés ; Colomb, quittant alors les rives du Vieux Monde, Voguait vers le Nouveau, par les déserts de Tonde Et, sondant du regard Timmensité des cieux.

Dans ses rêves voyait son but mystérieux.

Meœico, Juin 1884,

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