‹ Poèmes aztéquesChapitre 29 sur 34 · LA CHUTE "DE TÉNOCHTITLAN · texte numérisé non relu

LA CHUTE "DE TÉNOCHTITLAN

A JEAN LOUIS REGAGNOX

Il mourut, pendant le siè^e, deux cent quarante mille AzUmjups y compris la fleur de la noblesse.

IxTLiLxocuiTL iGhroniques).

Ainsi finit par succomlier la célèbre capitale des Azté- <iues après un sièpede près de trois mois, sans parallèle dans l'histoire par la constance et le courage des assiépès, et rarement surpassé par leurs souffrances... sans parallèle, dis-je, par le courage des Aztèques, car ils préférèrent mourir jusqu'au dernier plutôl que de se rendre. Prescott (liv. V, chap. vm).

Les Espagnols justifièrent la prédiction des Aztèques, après avoir employé leurs alliés indigènes à détruire Ténochtitlan ils les forcèrent à reconstruire la ville nouvelle. Orozco y Berra (t. IV, chap. x).

Le Mexique jeta le cri d'indépendance le 16 sept. 1810 et fut proclamé indépendant en 1821, 300 ans après la prise de Ténochtitlan par Cortèz.

ÉNOCHTiTLAN n'est plus qu'unmonceaude décombres; Elle s'est engloutie au milieu des flots sombres De son lac plein de sang ;

La Chute de Tènochtitlan,

Ses derniers habitants sont morts pour la défendre, Ses hautsfaits, ses grandeurs et ses dieux sont en cendre, Son Roi n'a plus de rang.

Temples hautains, palais, luxueux édifices S'écroulent sous les coups des aveugles complices

Des blancs victorieux ; S'alliant aux vainqueurs des rois Mexis, dix races Effacent en hurlant les éloquentes traces

D'un peuple glorieux !

Tcnochtitlan n'est plus, mais la rage grossière Des Tlaxcalans s'acharne encor sur la poussière

Dernière de ses murs ; Leurs fratricides bras unis pour la détruire Réunis de nouveau, devront la reconstruire

Pour ses destins futurs.

Ils ont anéanti la puissance rivale De Tlaxcala ; ligués pour la guerre fatale Sans cesse ils ont lutté ;

:f^6 La Chute de Ténochtitlan.

Cortex, Tainqaeiir par eux, à présent les oublie. Sous les murB mezicain&. demeure ensevelie L'antique liberté !

L'âpre sort des If exis qu'ils causent par leur baine Doit être aussi le sort de tout peuple indigène :

Aux blancs seuls, les honneurs ; Et, le jour est prochain où, comprenant leurs fautes, Ils courberont le front sous le joug de leurs hôtes

Devenus leurs seig-neurs.

Nubie Ténochtitlan, dans la lutte suprême Ta chute est glorieuse et digne de toi-même

Par la valeur mexi :

Tu tombes, mais après trois mois de résistance. Sublime d'héroïsme et de mâle constance,

Sans demander merci.

Tes fils ont défendu, pierre à pierre, le reste De tes splendeurs d'hier ; la famine et la peste N'ont pu les amener

La Chute de Ténochtitlan. 227

A renoncer vivants à leur vieux territoire ; Et, devant leur valeur, Timpartlale histoire Ne peut que sMncliner.

Ville de Mexitli! tu devais disparaître,

Les temps sont révolus ; bientôt, tu vas renaître

Plus belle qu'autrefois.

Puis, après trois cents ans de deuil et de servage, Tes fils se lèveront armés de leur courage,

Pour proclamer leurs droits.

Les vainqueurs espagnols, de défaite en défaite. Verront en soupirant leur plus belle conquête

S'échapper de leurs mains ; Debout, alors, chantant ta défense tenace, Tes bardes donneront à ton peuple sa place

Dans les fastes humains!

Mea!ico. — 1887.

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