‹ Poèmes barbaresChapitre 12 sur 66 · I.es chants mâles du Barde à vos murs familiers · texte numérisé non relu

I.es chants mâles du Barde à vos murs familiers

Hautes tours, qui jetiez dans les nuits magnifiques Jusqu'aux astres l'éclat des bûchers ceints de fleurs Et couronniez d'Érinn les collines antiques!

Et vous, assauts des forts, ô luttes des meilleurs. Cris de guerre si doux à l'oreille des braves ! Étendards dont le sang retrempait les couleurs!

Cœurs libres qui battiez sans peur et sans entraves 1 Esprits qui remontiez noblement vers les Dieux, Dans l'orgueil d'une mort inconnue aux esclaves I

Salut, palais en cendre où vivaient mes aïeux I O chants sacrés, combats, vertus, fêtes et gloire, O soleils éclipsés, recevez mes adieux!

Ton peuple, sainte Erinn, a perdu la mémoire,

Et, seul, des vieux chefs morts j'entends la sombre voix;

Ils parlent, et mon nom roule dans la nuit noire :

Viens 1 disent-ils, la hache a mutilé les bois. L'esclave rampe et prie où chantaient les épées, Et tous les Dieux d'Erinn sont partis à la fois!

Viens 1 les âmes des Finns, à l'opprobre échappées, Dans la salle aux piliers de nuages brûlants Siègent, la coupe au poing, de pourpre et d'or drapées.

Le glaive qui les fit illustres bat leurs flancs; Elles rêvent de gloire aux fiers accents du barde. Et la verveine en fleur presse leurs fronts sanglants.

Mais la foule des chefs parfois songe et regarde

S'il arrive, le roi des chanteurs de Temrah;

Ils disent, en rumeur : — Voici longtemps qu'il tarûe ! -

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