‹ Poèmes barbaresChapitre 64 sur 66 · LES DEUX GLAIVES. 3I · texte numérisé non relu

LES DEUX GLAIVES. 3I

Meurs, ô toi qui jadis m'emportais sur ton aile, Aigle des fiers Ottons, puissant, libre et joyeux! Le hibou clérical t'a crevé les deux yeux ; Rentre avec ton vieux maître en la nuit éternelle ! —

Et le vent, déchaîné dans l'ombre des chemins, Accroît ses tourbillons qu'un sanglot accompagne; Et voici qu'il est mort,rEmpereur d'Allemagne, Le vaincu d'Hildebrand, Henry, roi des Romains.

L'Agonie d'un saint.

LES moines, à pas lents, derrière le Prieur Qui portait le ciboire et les huiles mystiques. Rentrèrent, deux à deux, au cloître intérieur. Troupeau d'ombres, le long des arcades gothiques.

Comme en un champ de meurtre, après l'ardent combat, ' Le silence se fit dans la morne cellule, Autour du vieil Abbé couché sur son grabat. Rigide, à la lueur de la cire qui brûle.

Un Christ d'argent luisait entre ses maigres doigts, Les yeux, fixes et creux, s'ouvraient sous le front lisse. Et le sang, tiède encor, s'égouttait par endroits De la poitrine osseuse où mordit le cilice.

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