SAURAI- JE BIEN QUITTER LA TERRE
Uaccent devient pathétique. La douleur allume ses « feux de joie ». On songe à Beethoven :
Apre rocher. Douleur, Je t'enserrerai d'assez de ferveur
d'assez de ferveur et de JoiE d'assez d'amour et de ferveur pour que tu puisses rire à ta vivante proie.
Et Vamour, qui s^éclaire dans Chasse et dans Cascade, que Harpe et Cloche épanouissent, se mêle au sentiment cosmique et à la spiritualité, pour aboutir, avec Parole, à sa propre sublimation :
Tu ES CEL-LE QU'a-PRÈS LA MORT MON A-ME NE DÉ-SI-RE-RA PAS QUIT-TER.
i Tandis quil regarde plus loin, la voix du poète se fait plus blanche : il va répondre. Il sait que tout nest pas à dire et, i retrouvant Vésotérisme des sanctuaires, qui n^était pas obscul rite, mais choix, ce sont des oracles quil va rendre, sans ces- < ser pourtant de chanter pour lui : effusion secrète, vaste et ï tragique des trois poèmes essentiels (/'Itinéraire, les som- I mets de l'œuvre, les chefs-d'œuvre. Souvenir contient cette \ phrase centrale :
[ Je CRÉERAI MON ÉTERNITÉ,
et ce redoublement d'images : .
La mort est une petite ligne d'ombre qui se glisse
entre la main et le trésor
entre ton désir et la chose à laquelle tu te cramponnes
entre tes dents et la proie que tu mords
entre ton corps et son suave contenant
comme la lame entre la moule et sa coquille.
Iliade parle des dieux, et sur un tel ton, si grave, si poignant, qu'à peine osé-je citer :
0 Poète, vieillard aveugle, tu ne chanteras pas non PLUS ces frontières.
Que les dieux paternels, nos pères qui étaient sur le :hemin des cieux, ont retraversées pour venir a nous.
FERNAND DIVOIRE
Ni ces lourdes éclaboussures sur leurs ailes quand ils s'abaissent vers nos remous.
Poète, tu ne verras point nos divins gardiens se couvrir pour descendre, d'un peu de notre angoisse et de notre matière.
Quant à Jeunesse, il dit F arrachement quest la mort et, parmi la dispersion de nos « moi », la survie d'un seul, le vrai :
Avoir a sa veillée funèbre
UN poète vivant en soi