FIN DE JOUR
Elle était devant moi dans sa robe légère En qui tout l'été bleu semblait survivre encor. Et la nuit vint, troublante ainsi qu'une étrangère, Autour de nous, furtive, éteindre le décor.
La maison se taisait, grave et comme lointaine, Des arbres désolés s'effeuillaient dans la cour. Et nos tremblantes voix se répondaient à peine... Car nous étions tous deux tristes d'un autre amour.
28 LESONGEDEL*AMOUR
Portrait
JJiEN que très jeune, elle a cette grâce d'automne De celles dont le cœur ne doit plus refleurir, Mais elle garde aux yeux ce regard qui s'étonne, Ce long regard blessé qui ne veut pas guérir,
Regard des tout petits enfants que l'on oublie, Et qui sont délaissés avant d'être orphelins. Ses yeux d'aube ont aussi la nuance pâlie Et le charme lassé de fleurs à leurs déclins.
Sa voix grave et meurtrie, et pourtant ingén-ue, A comme une pudeur des mots qu'elle fait siens; Fugitive, sa joie hésite et s'atténue.
Toute mouillée encor de regrets anciens.