‹ Poèmes d'amourChapitre 12 sur 94 · PORTRAIT 2P · texte numérisé non relu

PORTRAIT 2P

Quand elle vous sourit, tout son visage triste S'emplit d'une clarté si douce qu'on dirait Ua de ces pâles ciels nocturnes où persiste Un peu du jour dont l'azur calme y transparaît.

Tout un bonheur manqué meurt lentement en elle; Mais, résignée avec les premiers cheveux blancs, Elle a comme un besoin de rester maternelle; Les gestes qu'elle fait sont doux et consolants.

Avant de la connaître, on l'aime : on la devine. Tant son cœur tremble aux moindres choses qu'elle dit. Tout ce qu'on en pressent la fait un peu divine. Et l'on n'y met de soi que ce qui la grandit.

Pure des vains espoirs dont nous nous caressâmes, Elle rassemble en nous les bonheurs dispersés; Elle sait, pour entrer jusqu'au fond de nos âmes. S'y rouvrir des chemins qu'on croyait effacés.

Elle a l'air d'ignorer ce qu'on devait lui taire; Elle écoute, immobile, et rêve, et s'interrompt Pour relever parfois d'un geste involontaire Sa chevelure claire et lourde sur son front.

LE SONGE DE l'AMOUR

Elle aime à s'entourer de pénombre incertaine ; Visible à peine, elle sourit pensivement; On l'y sent à la fois très proche et si lointaine Que le désir s'eÛace et meurt d'éloignement.

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