‹ Poèmes d'amourChapitre 18 sur 94 · UNE FLEUR · texte numérisé non relu

UNE FLEUR

Je ne sais rien de plus, mais je songe parfois Qu'aux soirs de solitude, en ses rêves de femme, Un peu de moi, peut-être, a fleuri dans son âme Comme cette fleur vaine a passé dans ses doigts.

Au loin

Un 9oir, — car c'est toujours îe soir qui nous rassemble,

Parce que vous l'aimez et parce qu'il ressemble

A votre âme voilée et grave comme lui, —

Vous m'avez dit, un soir de fatigue et d'ennui.

Où pesait à vos doigts votre tête baissée :

« Comme on est seul, toujours, au fond de sa pensée I »

Et vos yeux sans regard, emplis d'un vague efifroi,

Vos yeux ne voyaient plus mes yeux tendres, et moi,

Ecrasant sur ma joue une larme furtive,

Je vous sentais soudain distraite et fugitive,

Peut-être vous fuyant vous-même à votre insu

Et je demeurais là dans l'ombre, inaperçu.

Inutile témoin de votre solitude.

Quelque chose en mon cœur mourait de lassitude

Page 1