‹ Poèmes d'amourChapitre 24 sur 94 · SCRUPULE · texte numérisé non relu

SCRUPULE

A quoi bon désormais vous troubler de mes fièvres? L'heure est mélancolique, et j'ai pitié de nous. Un besoin de tendresse a passé sur vos lèvres ; Je ne veux que rester fidèle à vos genoux.

Calme, j'endormirai mes espoirs et vos craintes ; Malgré vous, s'il le faut, de moi-même vainqueur, Je saurai vous aimer d'un amour sans étreintes, Les regrets du baiser s'en iront de mon cœur.

Je ne vous crierai point ma détresse incomprise; J'aurai plus de courage, ayant trop de fierté Pour vouloir d'un bonheur obtenu par surprise Que votre âme incertaine eût peut-être accepté.

Le Soir

Vous m'avez dit hier votre âme irrésolue, Vos chagrins, votre rêve au fond de vous captif; Car vous êtes un peu celle que j'ai voulue : Votre amitié prudente est un amour craintif.

Parfois, à l'heure vague où le sommeil est proche Et vous berce, effleurant vos yeux lassés du jour. Mon souvenir confus s'en vient comme un reproche Vous visiter dans l'ombre et vous parler d'amour.

Malgré vous, ma tendresse en votre âme s'éplore : Les aveux, les espoirs dont vous avez souri, Tout cela malgré vous tressaille et veut éclore Au fond de votre cœur qui s'était cru flétri.

Tout ce qu'il vous a plu de vouloir méconnaître, Tout ce que j'ai souffert, tout ce que j'ai pleuré, Tout mon désir lointain ressuscite et pénètre Votre corps, malgré vous, heureux d'être adoré.

Je suis là : mon regard vous trouble et vous supplie. Et mes baisers du jour brûlent à votre main. Vous vous endormirez encor toute pâlie... Et je sais que vos yeux m'en puniront demain.

Apparences

Clle vit loin de moi, résignée et docile, D*iine vie étrangère où mon amour n'est rien, Indulgente aux devoirs, à tout ce qui m'exile, Car son cœur est plus doux aux choses que le mien.

Trop d'espoirs l'ont déçue I Elle est meurtrie et frêle, Elle a souvent au front de furtives pâleurs, Mais elle ne veut pas que l'on souflfre pour elle. De peur qu'on les essuie elle cache ses pleurs.

Prête à monter du cœur, c'est souvent une larme Qui donne à ses yeux purs leur éclat plus luisant; Mais elle rit; sa voix est jeune, avec un charme De gaîté qui fait croire à du bonheur présent.

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