‹ Poèmes d'amourChapitre 34 sur 94 · SANS REPROCHES · texte numérisé non relu

SANS REPROCHES

Sans Reproches

iN E lui reproche rien! Reprends ta solitude, Et, puisque ton amour ne pouvait rien guérir, Pourquoi lutter en vain contre la certitude? Rentre au fond de toi-même et sache bien mourir.

Tu n'as que trop montré ta misère secrète. Au lieu de la subir sans révolte et sans cris. L'amour que tu cachais vaut seul qu'on le regrette ; Tu ne mérites plus d'avoir été compris.

Si tu n'as pas voulu des faciles étreintes,

Si, plus mélancolique et plus ambitieux,

Tu te croyais plus pur et plus fort que tes craintes;

Si des bonheurs humains tu détournais les yeux;

BIBUOTHECaN

lOO LE SONGE DE L AMOUR

Si tu t'es cru marqué pour l'orgueil solitaire D'épanouir dans l'ombre en ton cœur invaincu La gloire d'un amour assez beau pour le taire, D'un rêve assez divin pour n'être pas vécu,

Tu devais jusqu'au bout, comme tu Pas choisie, Remplir ta destinée, et, ferme en tes douleurs, Grand d'une intérieure et morne poésie, Sécher toi-même en toi Teau vaine de tes pleurs.

Ne plains que ta faiblesse et n'accuse personnel N'attends rien d'un sanglot; souffre et ne le dis pas, Sachant donner ton cœur, sans que ta main frissonne, Pour le seul et profond bonheur d'aimer tout bas.

MALGRÉ VOUS lOI

Malg

re vous

»^' ' A I toujours cru à\\n tel espoir

Aux choses douces de la vie,

A l'indulgence poursuivie,

Au pur bonheur qu'on sait voulon,

Je vous aimais d'une âme telle, J'avais rêvé, d'un tel désir.

Vous consoler et vous choisir Pour une tendresse immortelle.

Près de vous je m'étais promis D'être toujours si loin des autres Que mes chagrins et que les vôtres Auraient fait nos cœurs plus qu'amis.

Je me disais : « Sa vie est triste, Sans chaleur vraie et sans clarté, Et peut-être elle a souhaité Qu'un autre vienne et que j'existe.

« Trop de choses ont trop déçu Le rêve ancien qui l'abandonne ; Elle fut trop celle qui donne Pour n'avoir pas un peu reçu.

« Ses yeux, beaux de leur meurtrissure, Sont toujours mornes d'un départ.

L'avenir lui doit bien sa part De caresse adorante et sûre.

« Il faut, avant de s'en aller, .

Qu'à son tour, d'un cœur volontaire.

Elle ait pu vraiment sur la terre Faire souffrir et consoler. »

Et j'ai voué ma solitude A vous attendre uniquement, A mettre en votre isolement Ce que je puis de certitude.

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