‹ Poèmes d'amourChapitre 4 sur 94 · QUIÉTUDE II · texte numérisé non relu

QUIÉTUDE II

Les soirs graves où j'ai besoin de t'ignorer Ta présence discrète humblement s'indécise; Mais tu sais deviner la minute précise Où mes yeux en détresse allaient te désirer.

Mon came est sans regret comme elle est sans envie, Et mon orgueil s'incline au joug inaperçu : Si tu m'as enchaîné, tu ne m'as pas déçu En me faisant passer du rêve dans la vie.

Avec tes doigts de sœur, fins et minutieux, Ta tendresse paisible est ma seule gardienne; Et je t'aime pour la douceur quotidienne De ton baiser, de ton sourire et de tes yeux.

12 LE SON(iE DE L'AMOUR

Plus tard

1 ARFOis, je t'imagine avec des cheveux blancs, Avec un petit corps vieilli qui se dérobe, Et qui s'indique à peine aux plis que fait la robe; Ta main sur moi se pose en gestes indolents.

Mais ton visage ancien transparaît sous tes rides; Tes yeux ont survécu, limpides et fleuris. Tu ne regrettes rien, puisque tu me souris Sous ton petit bonnet de tulle à larges brides.

Nous aimons respirer de lointaines odeurs; Le temps nous a guéris du désir et des fièvres. Toute parole est pure en passant par tes lèvres; Même nos souvenirs ont d'exquises pudeurs.

plustarh i^

Le monde autour de nous s'apaise et s'atténue; Les couleurs et les bruits, tout se voile et s'éteint. Chaque jour, notre corps nous semble plus lointain. Je te vois telle enfin que je t'ai méconnue.

Comme nous étions fousl Q.ue de baisers perdus! Nos âmes d'autrefois étaient deux étrangères Et ne cherchaient dans les étreintes passagères Qu'un égoïste espoir de frissons éperdus.

Dans le fauteuil où la vieillesse nous enchaîne, Purs et libres de tout ce qui nous séparait, Le meilleur de notre âme à présent s'apparaît. Et nous nous comprenons devant la mort prochaine.

Wêf

La Neige au loin

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