‹ Poèmes d'amourChapitre 48 sur 94 · BONHEUR FRAGILE I4.I · texte numérisé non relu

BONHEUR FRAGILE I4.I

Bonheur fragile

JL^EMEURE, berce encor mon front sur tes genoux. Tu vois, je souris presque, et ma douleur s est tue, Et mon silence est plein de toi. Je m'habitue A t'aimer doucement d'avoir les yeux si doux.

Fais que je sois heureux de notre amour, sans même Q.ue je m'en aperçoive et que j'en dise rien. Mon cœur est mal guéri : nous n'avons que le tien ; C'est par lui que nous nous aimons et que je t'aime.

Sois indulgente. Il faut ne jamais oublier, Quand on a trop souffert, comme tout s'exagère, Et qu'il n'est plus en nous de tristesse légère, Et comme le chagrin nous reste familier.

Laisse, que mon espoir, lentement, se rassure, due mon âme inquiète ose encor s'entr'ouvrir. Je t'aime de m'aimer. Je ne veux plus souffrir. Hélas! je n'aurais plus l'orgueil d'une blessure.

Fais-moi le prisonnier d'un crédule bonheur, Qui, de ton rêve au mien, chaque jour s'insinue, Et qui, d'une langueur discrète et continue. Aujourd'hui plus qu'hier entre un peu dans nu n luur

Page 1