‹ Poèmes d'amourChapitre 60 sur 94 · CERTITUDE I · texte numérisé non relu

CERTITUDE I

En rassemblant, le soir, les heures dispersées, Tu peux dire au hasard tes pas et tes pensées, Sans craindre un souvenir qu'il ne faut plus avoir; Ht toute la douceur tranquille du devoir, Tout le fidèle accueil des choses coutumières, La forme des objets, la couleur des lumières. Tout cela redevient ta vie et ton amour...

Mais quelquefois, dans l'ombre, à la chute du jour^ Quand ton œil obscurci rêve aux marges d'un livre, Tu sens, au long de toi, confusément revivre Comme un effleurement de lèvres et de mains. Et ton cœur s'abandonne aux furtifs lendemains. .<.

176 LE CHEMIN DE l'oUBLI

Ennui

Cncore un jour perdu qui décline et s'achève, Un jour d'attente vaine et d'oisive langueur, Un de ces mornes jours sans désir et sans rêve Où l'on vit lentement, seul, blotti dans son cœur.

Je n'aurai pas quitté la chambre inerte et sombre Que le soleil lointain n'éclaire qu'à demi. Et le jour a passé, le soir est proche... L'ombre Me retrouve immobile, encor tout endormi.

Je suis triste ; je n'ai rien fait de ma pensée ; Pourtant j'ai l'âme vide et le front douloureux. Je sens trop qu'en mon cœur ma tendresse est lassée. Et pourtant je n'ai rien que n'être pas heureux.

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