REGARDS AU LOIN I
Regards au loin
U N Jour tu songeras à tout ce qui fut nous. Tu reverras, au loin, ma tendresse à genoux, Mes yeux levés sur toi, qui t'ont si bien connue, Mes mains, qui t'auront tout entière contenue, Mon épaule, où ta tête aimait à se poser; Tu te rappelleras ma bouche et mon baiser, Ht mon sourire triste, et des bonheurs, peut-être. Que tu ne savais pas avant de me connaître... Aux heures de vieillesse, où le présent n'est rien, On se recueille, on cherche en son cœur ancien; On recommence à vivre un peu toute sa vie ; On se blottit, le soir, frissonnante et ravie, Dans ce nid du passé tendre et délicieux; Des pleurs qu'on a coûtés vous remontent aux yeux..
Tu pleureras, lointaine... Et, bien que pardonnée, Tu songeras dans l'ombre, aux déclins de journée, Qu'en donnant mieux ton cœur tu pouvais retenir, Fidèle, une présence au lieu d'un souvenir.