‹ Poèmes d'amourChapitre 77 sur 94 · COMPLAINTE · texte numérisé non relu

COMPLAINTE

Et je me disais que sans doute Je te réveillerais, un jour, Neuve comme autrefois et toute Ressuscitée à mon amour...

Mais c'est en vain que je t'apporte L'espoir d'un suprême printemps :

La Belle au bois dormant est morte, Elle avait dormi trop longtemps...

226 LE CHEMIN DE l'oUBLI

Espoir secret

J 'ai rêvé de sonner très tard — comme autrefois Les voyageurs perdus dans l'épaisseur des bois — A la porte d'un vieux château muet et sombre Où seule une fenêtre, encor, veille dans l'ombre, Tranquille, bienveillante, — aux vitres sans rideaux... Et, peu à peu, ce poids d'invisibles fardeaux Que le déclin du jour en notre âme exagère Ne serait plus en moi que fatigue légère ; Une vague douceur de promesse et d'espoir Ferait autour de moi le silence moins noir. Et bientôt, pas à pas, aux fentes de la porte, Je verrais s'approcher la lampe qu'on apporte. Je ne sentirais plus le froid, l'isolement. Quelque vieux serviteur ouvrirait lentement,

Page 1