‹ Poèmes d'amourChapitre 88 sur 94 · ORGUEIL TRISTE · texte numérisé non relu

ORGUEIL TRISTE

Du moins, j'aurai donné, d'une tendresse grave, Chaque fois tout mon cœur;

Je redevenais humble et pour toujours esclave De qui j'étais vainqueur.

Mon amour n'a pas fait de ces lentes victimes

Comme en aime l'amour, Et qui, mornes, au poids des misères intimes

Succombent chaque jour.

J'ai voulu le bonheur de toutes, une à une;

Et je les aimais tant Qu'elles ont dédaigné ma tendresse importune,

Mon désir trop constant.

J'étais puni, d'avance, en détresses futures,

Si mon cœur fut mauvais; Et j'ai payé toujours, à l'heure des ruptures.

Plus que je ne devais.

246 LE CHEMIN DE l' OUBLI

Jour perdu

1 L est des jours, parfois, en qui Ton fait tenir Tous ses rêves épars de tendresse inquiète. Où l'on est plus crédule aux choses qu'on souhaite. . 3'avais trop espéré du jour qui va finir.

Tristement je regarde, au bord de ma fenêtre, Un reste de clarté qui traîne à l'horizon; Mais je sens qu'il fait noir déjà dans la maison, Et la nuit, peu à peu, m'entoure et me pénètre.

C'est l'heure vide et sombre, au soir d'un jour perdu, Où je sais que plus rien n'entrera dans ma vie. Comment distraire enfin mon âme inassouvie De ce vague bonheur que j'ai trop attendu?

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