‹ Poèmes d'amourChapitre 90 sur 94 · RETOUR · texte numérisé non relu

RETOUR

Puis un autre, où des gens sont courbés vers la terre. Des saules argentés, qu'un ruisseau désaltère, Suivent son eau tranquille et frissonnent au vent... Comme tout m'apparaît immuable et vivant 1 Je m'étonne de voir, çà et là, dans les branches, La couleur de maisons trop rouges et trop blanches, Dont l'aspect imprévu meurtrit presque mes yeux. Mais le reste est pareil : la nuance des cieux, Cet azur éclatant et brumeux tout ensemble. L'eau du fleuve, là-bas, qui miroite et qui tremble Ht dont la fuite tourne au pied des monts, bleuis Par ce matin d'automne où je rentre au pays.

268 LE CHEMIN DE l'oUBLI

Intérieur

IN o u s sommes là, parmi les meubles d'autrefois. La même vieille horloge en son cadre de bois, Qui depuis si longtemps nous a compté les heures Et qui nous a suivis dans toutes nos demeures, Vient mêler son tic tac aux mots que nous disons. Les mêmes vieux chenets, qu'ont noircis les tisons, Portent, comme jadis, par ce temps froid d'automne, Sur un lit de sarments la bûche qui chantonne. Voici le garde-feu de cuivre étincelant; Le buffet lustré luit dans l'ombre, recelant Tout son frêle trésor de reliques amies : La porcelaine fine aux lueurs endormies, Les théières d'argent, les verres de cristal, Qu'émeut parfois le bruit d'un roulement brutaL

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